‹ Les arts de l'ameublement; la décorationChapitre 24 sur 118 · OU DIFFICILE · texte numérisé non relu

OU DIFFICILE

Une telle recommandation devrait être, semble-t-il, quelque peu superflue, et cependant combien de décorateurs inexpérimentés contreviennent à ce précepte si sage! Gomliien de lils, de chaises, de guéridons, sont enrichis de bronzes dorés présentant des aspérités cruelles au toucher, parfois même dangereuses ! Combien de fauteuils, de taliourets, de tables et d’écrans sont surchargés de sculptures dont les reliefs accrochent les robes, déchirant guipures et dentelles ! Et combien il arrive souvent que des chocs douloureux nous font regretter le culte trop exclusif de certains dessinateurs pour les angles droits ! Le rôle de la décoration , nous venons de le constater, est assurément d’embellir; mais elle doit également se montrer hospitalière.

LA Di: CO RA T ION

— Porto (lu l)aptistôre de Saiul-Chamaiid.

Exemple des reliefs acceutiiés réservés pour les parties hautes de la décoration.

C’est là une vérité que les Japonais ont admirablement mise en pratique. Il n’est, pour ainsi dire, presque pas un objet exécuté par ces merveilleux artisans, qui n’offre au toucher un charme inexprimable. Le métal même perd, en passant par leurs mains, sa froideur et sa dureté; il s’assouplit sous leurs doigts, et son contact devient particulièrement agréable. Peut-être est-ce là qu’il faut chercher le secret de l’extrême engouement qu’on témoigne pour les curieux l)ibelots importés de ce pays. En tout cas, leur indisculalde succès mérite qu’on en étudie leâ causes.

XXL — DAXS LES r.ELIEFS QUE COMPORTEXT LES DECO- RATIOXS MURALES, l’aRTISTE EST TEXU, JUSQU’a LA HAU- TEUR d’homme, d’avoir Égard aux exigexces du toucher ; AU-DESSUS DE CETTE HAUTEUR , l’œIL REPREND

ses droits, et le décorateur redevient libre d’accuser COMME IL l’entend LES SAILLIES QUE SON ORNE- MENTATION COMPORTE.

Cette règle est encore de celles qu’il ne faut jamais perdre de vue. Dans la décoration d’une muraille, jusqu’à la hauteur où rhonime peut couramment atteindre, c’estle toucher ({ui commande. On doit, en conséquence, éviter autant que ])ossihle tous les angles aigus, tous les ornements qui, s’accusant par des lignes brisées, par des reliefs dentelés, diamantés, étoilés, présentent des pointes ou des aspérités, et risquent de froisser l’épiderme ou de blesser en cas de chute. Passé cette hauteur, cette préoccupation n’a plus la même raison d’être. C’est ce qu’ont admirablement compris les décorateurs de la période ogivale (voir fig. 17). Il est à remarquer, en effet, que presque toujours ces imcomparahles artistes ne commencent à couvrir leurs édifices de ces végétations de pierre dont ils se sont montrés si prodigues, qu’à une certaine élévation accessible seulement aux regards.

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