‹ Les arts de l'ameublement; la décorationChapitre 23 sur 118 · FICENCE, LA DÉCORATION SURAJOUTEE NE DOIT JAMAIS · texte numérisé non relu

FICENCE, LA DÉCORATION SURAJOUTEE NE DOIT JAMAIS

FAIRE OUBLIER l’oRJET QU’eLLE EST CHARGÉE d’eM-

BELLIR.

La décoration surajoutée présente encore un auti*e inconvénient, surtout lorsqu’elle est magnifique : celui d’absorber l’attenlion, de reléguer, par conséquent, au second plan l’objet qu’elle a pour mission d’orner. Comme exemple on peut citer nombre de vases céramiques montés, au siècle dernier, avec des bronzes ciselés et dorés, et qui ne doivent leur énorme valeur qu’à l’extrême finesse et à l’admirable

l)eauté de leurs montures. C’est là un véritable contresens, puisque , par une transposition regrettable , l’accessoire est ainsi devenu le principal. Ce danger, au surplus, apparaît fréquemment dès qu’on a recours à une décoration indépendante. Certains monuments construits à l’époque de la Renaissance nous captivent par l’exquise délicatesse de leur ornementation, au point qu’il devient malaisé de voir l’édifice dans son ensemble. Pour certains meubles du xviC siècle, pour les armoires et les cabinets de Boulle, il en est de meme. Leur somptuosité ornementale est telle, qu’ils semblent n’avoir été exécutés que pour fournir un prétexte à décoration. Jamais l’excès, l’abus de la parure ne furent poussés plus loin. Le rôle de cette dernière, cependant, doit être d’orner, d’embellir, de donner plus d’éclat, mais en aucun cas elle ne doit faire oublier ou reléguer au second plan la personne ou l’olq’et qui la porte.

Page 1