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XXXVII. AU SURPLUS ET d’uNE FAÇON GÉNÉRALE, LES

LIGNES DE CONTOUR, QUI DONNENT l’aPLOMB A UNE FI- GURE OU A UN OBJET, DOIVENT VARIER SUIVANT LA MA- TIÈRE DONT CET OBJET EST FABRIQUÉ.

Chacune des matières employées couramment dans la confection des œuvres décoratives, possède un certain nombre de qualités spéciales et, comme corollaire, présente dans sa mise en œuvre des difficultés de traitement et des exigences de nature particulière, dont le décorateur est forcé de tenir compte. Il est clair qu’un artiste auquel on commande un modèle de vase, doit se préoccuper tout d’abord de la matière dans laquelle ce vase sera confectionné, et suivant qu’on lui demandera de le faire en céra-

mique, en marbre ou en métal, il lui faudra proportionner les dimensions du pied, la largeur de l’embase, l’importance des points d’appui, le relief des contours, la finesse des profds, à la malléabilité, à la densité, à la résistance de la substance employée. Le galbe lui-même changera suivant la matière. (Voir fig. 28 et 29.) Ne serait-il pas malséant, par

exemple, de doter d’un goulot allongé un vase qui doit être exécuté en granit ou en porphyre. Bien mieux, sans sortir de la céramique, n’importe-t-il pas "^de savoir si c’est en porcelaine ou simplement en faïence que le vase commandé doit être façonné? La seconde de ces pâtes, en effet, se modèle avec un gras, une ampleur assouplie, que ne possède point la première, beaucoup plus ferme en ses contours, souvent même un peu sèche. La porcelaine, d’autre part, présente un précieux, un éclat, une netteté de profds, une délicatesse de coloration que la poterie ordinaire ne fournira jamais. De même le bronze et l’argent, qui, par suite de l’inégalité de valeur, sont traités de façons différentes, réclament aussi des contours différents. Enfin, il n’est pas

jusqu’à la pierre et au marbre, — pour ne parler que de matériaux souvent confondus, — qui n’exigent des formes en rapport avec le grain, la résistance et la ténacité qui leur sont propres.

Le devoir du dessinateur lorsqu’il combine une forme, est donc de se pénétrer avant tout des diverses qualités qui distinguent la malière destinée à être employée, ainsi que des exigences spéciales auxquelles ces qualités correspondent. Il doit non seulement en tenir un compte suffisant dans ses modèles, mais encore si bien caractériser son dessin, qu’à première vue on devine de quelle espèce sera la pièce projetée. Il importe, en effet, qu’on n’ait point sous les yeux un de ces galbes universels qui, pouvant s’appliquer à toutes sortes de substances, ne conviennent à aucune.

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