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XXXVIII. LA LIGNE BRISÉE, SURTOUT LORSQU’ELLE SE

RAPPROCHE DE LA SERPENTINE, EXPRIME LE MOUVEMENT, ET PAR CONSÉQUENT LA VIE. ELLE CONVIENT DONC PEU AUX DÉCORATIONS FIXES, PARCE QUE CELLES-CI, PAR LEUR NATURE ET PAR LEUR DESTINATION, EXPRIMENT DES IDÉES DE PERMANENCE, DE DURÉE, ET PAR SUITE d’iMMORILITÉ . AUSSI NE DOIT-ON L EMPLOYER Qu’aVEC UNE CERTAINE CIRCONSPECTION ET EN ACCENTUANT, PAR UNE RÉPÉTI- TION SYMÉTRIQUE, SON CARACTÈRE DÉCORATIF, OU ENCORE EN AYANT SOIN DE l’iSOLER PAR UN ENCADREMENT.

Après avoir déterminé le rôle joué dans la décoration par les lignes droites et courbes, l’impression qu’elles produisent et la signification qu’elles comportent, il nous reste à dire quelques mots de la ligne brisée. Nous avons constaté que cette dernière, par sa constitution même, répondait à des idées de mouvement et d’agitation ; dès lors il semble qu’elle soit assez mal venue à figurer dans une décoration fixe, condamnée par sa nature même à une immobilité permanente. Il est bien évident, par exemple, qu’un lambris, une corniche, une cheminée, qui font corps en quel-

que sorte avec la muraille, doivent présenter une continuité de surface, une apparence de stabilité et donner une impression de solidité, que la contemplation des lignes brisées ne saurait produire. Celles-ci, par les angles dont elles se hérissent, ne répondent, en effet, à aucune de ces idées. Aussi, dans le dessin des lambris, des corniches, des cheminées et même de la plupart des meubles, le dessi-

Fig. 30.

nateur, de préférence, se sert-il exclusivement de lignes droites et de lignes courl)es.

L’usage, cependant, depuis la plus haute antiquité, a autorisé et meme consacré l’emploi de certaines lignes brisées dans la décoration des bandeaux, des frises, etc. Ces lignes, devenues en quelque sorte classiques , et c{u’on désigne d’une façon générale sous le nom àa grecques, de postes, etc., sont ordinairement d’un effet agréable. Mais le décorateur a soin d’accentuer, par une répétition étroitement symétri- ({ue, leur rôle purement ornemental; et le plus souvent, en les isolant par un encadrement il s’effree de bien signifier qu’elles ne font point corps avec la masse de l’ouvrage, et qu’elles constituent un ornement simplement superposé.

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