Histoire du costume^ p
divisés en deux branches j:>rincipales : les Beaux-Arts et les Arts décoratifs.
Au premier abord, on ne sent pas très bien la nécessité de cette répartition, et cette division, qui n’est pas d’une évidente clarté, peut paraître assez arbitraire. Tous les arts ])lastiques, chacun dans leur sphère, ont, en effet, ]iour objectif supérieur larecherche du Beau. Ils ont donc droit, les uns coninie les autres, à être qualifiés de Beaux-Arts, etl’on ne comprend pas pourquoi cette qualification, accordée sans difficulté à la confection d’un fade tableau, est refusée à la conception, à l’exécution d’un vase ou d’une tapisserie. D’autre part, il serait incivil de prétendre que le tableau accroché dans un salon, la statue placée dans un jardin, le buste ornant un escalier ou une façade, ne décorent pas cette façade, cet escalier, ce jardin, ce salon. De pareils ouvrages sont donc décoratifs au premier chef.
D’où vient alors qu’on classe ainsi les ouvrages d’art dans deux catégories séparées? Est-ce à cause de leur différence de mérite ? En aucune façon. — C’est simplement qu’on est convenu de comprendre dans la première de nos catégories les productions isolées , exécutées en dehors de toute adaptation, de toute localisation immédiate, sans aucune préoccupation d’utilité; et que l’on a pris l’habitude de ranger dans la seconde les ouvrages qui ont pour but essentiel de concourir directement à l’ornementation d’un édifice, d’une surface ou d’un ofqet préexistant.
Ainsi — ne craignons pas d’insister sur ce point — ce n’est ni la qualité morale de l’œuvre, ni son exécution plus ou moins parfaite, ni les difficultés de production, ni l’habileté technique de l’artiste, qui déterminent la classification. Celle-ci découle uniquement de la destination de l’ouvrage, (ie dernier rentre dans la catégorie des Arts décoratifs, ([uand il existe un lien évident entre sa conception et la ])lace qu’il occupe, lorsqu’il a été exécuté en vue d’une destination particulière, ou dans un Init d’utilité spéciale.