L. LA BEAUTÉ DES ŒUVRES PLASTIQUES RESIDANT PRIN
CIPALEMENT DANS LA VARIÉTÉ ET DANS l’eXPRESSION , LE DESSINATEUR HABILE, POUR ASSURER A SA COMPOSI- TION CETTE DOUBLE QUALITÉ, SE GARDE AVEC SOIN DE DONNER AUX FORMES Qu’iL INVENTE OU COMPOSE, DES DIMENSIONS CONCORDANTES.
Ce que nous venons de dire dans nos deux propositions précédentes, explique pourquoi le carré, — bien qu’il constitue une figure parfaite, — et la sphère, — bien qu’elle renferme la plus grande capacité dans le moindre contour, — sont aussi peu employés que possible dans les arts de la décoration. L’artiste habile se garde, en effet, de recourir il ces figures, parce que leur impeccable régularité leur enlève tout caractère. Il fait mieux encore. Il sait, par expérience , que l’œil a des exigences spéciales et que les surfaces n’ont, en fait de dimensions, que celles qu’elles paraissent avoir. Aussi prend-il soin, pour prévenir toute confusion, d’accentuer l’expression de ses lignes principales. Dessine-t-il un ovale, il fait bien attention que la courbure allongée de cet ovale soit franchement indiquée et ses deux foyers assez distants pour éviter tout rapprochement avec un cercle. De même, s’il trace un rectangle, il accusera nettement la longueur des grands cotés, pour que ce rectangle se distingue bien du carré. Par cette accentuation, il augmente et précise l’impression ressentie, et il prévient ces fâcheuses indécisions qui , atténuant l’effet produit, abâtardissent les formes et leur communiquent une banalité regrettable.