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LXVI. LES COULEURS PEUVENT, DANS UNE LARGE ME

SURE, CONTRIBUER A MODIFIER LA DIMENSION APPARENTE DES OBJETS ET DES SURFACES.

La disposition heureuse des lignes principales de sa décoration, ainsi que le choix intelligent de l’échelle ne constituent pas la seule ressource que l’artiste ait à sa disposi-

Fig. 8G.

tion pour modifier les dimensions apparentes d’une surface ou d’un objet. Les couleurs lui sont, elles aussi, d’un grand secours. Deux surfaces d’égale grandeur semblent en effet de dimensions très différentes, suivant qu’elles sont teintées en noir ou en blanc. Si l’on veut bien examiner notre figure 86, qui contient deux carrés égaux, l’un blanc sur fond noir, l’autre noir sur fond blanc, on reconnaîtra que de ces deux carrés contemplés à une certaine distance, le jH'emier paraît sensiblement })lus grand que le second. Cette illusion porte un nom en physique : on l’appelle le ])bénomène de V irradiation. Procédons à une autre expérience. Notre figure 87 nous ofl're deux carrés blancs alternant avec deux carrés noirs. Eb bien, si nous considérons avec attention et, en les éloignant un peu, ces quatre

carrés, les deux blancs nous sembleront joints entre eux par une espèce de point de même couleur. Cette illusion provient de ce que les cercles de dispersion se rejoignent à cette place. « Tout le monde sait, au surplus (comme le remarque fort bien M. J. Bernstein^), que les personnes habillées de blanc paraissent plus replètes que lorsqu’elles sont habillées de noir. » Trois cents ans avant Bernstein,

Fiff. 87.

Léonard de Vinci avait noté l’observation suivante : « J’ai remarqué, en voyant une femme habillée de noir, laquelle avait sur la tête un linge blanc, que la tête lui paraissait deux fois plus large que les épaules^. » Voilà donc une constatation bien établie.

Si de ces deux extrêmes, le noir et le blanc, nous passons aux tons intermédiaires, nous découvrirons : 1° que, participant des mêmes lois , les objets ou surfaces colorés de nuances très claires paraissent, à dimensions égales, toujours plus grands que ceux teintés de noir ou de brun; 2® que les objets et les surfaces nous semblent d’autant plus petits qu’ils sont plus éloignés, et réciproquement; 3® enfin, que la couleur des objets devient d’autant plus confuse que ces objets sont à une plus grande distance. — En pos-

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