Luco cit.^ YIID discours
Fig. 91.
LA dp:goration
Fig. 92.
])Hses de jour à l’aide de stores ou de rideaux. Par ce moyen ils arrivent à créer cette unité d’éclairage qui donne à nos appartements modernes un charme si pénétrant d’intimité, et dont on tire des effets si décoratifs. jNlais quand le jour, au lieu d’être trop abondant, fait défaut, pour remédier à cet inconvénient l’artiste se voit obligé de recourir à certains artifices.
Personne n’ignore que l’intensité plus ou moins grande de l’éclairage se traduit non seulement par le degré de clarté ([ui frappe les saillies d’un objet, mais encore par l’obscurité plus ou moins opaque qui enveloppe les parties restées dans l’ombre. Il suffit donc, pour augmenter la puissance apparente de la lumière qui éclaire une paroi, de souligner par l’application de traits sombres les saillies de cette paroi (pii sont principalement exposées aux ravons lumineux. Ces traits, en venant renforcer les ombres naturellement portées, augmentent par le contraste la vigueur des reliefs et font croire à une intensité d’éclairage qui n’existe pas.
Ces exagérations d’ombres produisent une inqiression très remarquable, même lorsque les saillies sont simulées. Nos deux figures 91 et 92, bien que les moyens dont l’illustrateur d’un livre dispose n’aient aucune relation avec ceux qui sont à la portée du décorateur, montrent la différence d’effet qu’on peut obtenir par cet ingénieux artifice. Le sujierbe plafond de la galerie des Glaces, à ^"ersailles, présente, au reste, un exemple très frappant des ressources (pi’offre ce précieux stratagème. Toutefois, le décorateur ne doit pas oublier, s’il use de ce jirocédé, qu’il lui faut, dès le principe, prendre un parti définitif, et baser toute sa décoration sur un mode d’éclairage invariable, car tout rayon lumineux qui viendrait frapper sa paroi dans un autre sens dévoilerait sa simulation et la rendrait ridicule.
Cette faculté d’augmenter l’intensité apparente de la lumière par le renforcement des ombres, ne constitue pas, au surplus, une découverte moderne. Elle est connue etpra-
tiqiiée depuis rAntiquilé. Pline le Jeune dit que, dans la ])eiiiture, rien ne rend un tableau plus Innnneux que des ombres puissantes P Une petite expérience très facile à faire démontre, du reste, la vérité de cette proposition. Une paroi à contre-jour paraît plongée dans un clair-obscur troj) intense. Vous plaît-il de l’éclairer : ne cherchez pas à disposer sur cette paroi des objets clairs; placez-en un, au contraire, qui soit tout à fait noir. Ue reste, par le contraste, paraîtra subitement lumineux.
UXXXI. — l’ixtexsité de la lumière qui pénètre dans
NOS APPARTEMENTS ET LA PUISSANCE DE NOS APlUVREILS
d'éclairage Étant très supérieures a ce qu'on orte-