J. Reynolds, ibid
L’étude des maîtres, en montrant comment les artistes les plus illustres ont compris la Nature, nous amène, à notre tour, à comprendre celle-ci. En nous révélant comment ils s’y sont pris pour résoudre les problèmes qui leur étaient posés, elle nous aide à trouver des solutions poulies problèmes à venir. Il est par conséquent indispensable d’étudier avec soin les styles anciens, de se pénélrer de leurs qualités typiques et de leurs beautés spéciales; de profiter de toutes les ingénieuses créations, de toutes les adaptations imaginées avant nous, mais en ne choisissant que les plus heureuses, et surtout en se conformant à l’exemple des abeilles dont parle ^Montaigne, qui « pillottent çà et là les fleurs » et qui « en font apréz le miel qui est tout leur et n’est plus thyn ni marjolaine ». Celui qui [)ar l’étude a rassemblé le nombre le plus considérable de matériaux, possède donc les plus grands moyens pour inventer, et s’il lui manque la faculté de les mettre en œuvre d’une façon nouvelle, ce n’est pas à son excès de richesse qu’il lui faut s’en prendre, mais uniquement à sa faiblesse d’es- ])rit ou à la manière confuse dont il a entassé les idées dans son cerveau.