LXXXV. — uxE DES coxDiTioxs d’agrémext de xos ua
BITATIOXS RÉSIDE DANS LA GAIETÉ. CELLE-CI DÉPEND EN PARTIE DE LA FORME DES PIÈCES, DES COLLEURS DONT LES PAROIS SONT PEINTES OU TENDUES; ELLE RÉSULTE SURTOUT DU NOMBRE d’oUVERTURES ( PORTES OU FENÊ- TRES ) QUE l’habitation COMPORTE.
Nous avons établi dans nos précédentes iiropositions que les formes, comme les couleurs, ont une valeur sentimentale, et qu’à ce titre elles exercent une influence directe sur le caractère que })résentent une ])ièce, une surface ou un objet. Mais elles ne constituent pas les seuls éléments dont le décorateur puisse tirer parti, et depuis
longtemps on a constaté que la gaieté d’une pièce, d’un appartement, d’un édifice, d’une façade, est en raison directe du nombre de ses ouvertures.
Evoquez par la pensée une construction aveugle, sinon sans portes, du moins sans fenêtres. Son aspect ne manquera pas d’être austère, rébarbatif, impressionnant à contempler. Les antiques donjons, la prison d’Aix en Provence, dessinée ]:)ar le célèbre Ledoux ; celle de Mazas , œuvre des architectes Gilbert etLecointe; celle de la Santé, construite par ]\1. Vaudremer , montrent avec une éloquence indiscutable quel caractère mélancolique la prédominance des pleins sur les vides peut imprimer à un bâtiment. Les anciennes barrières de Paris, malheureusement démolies en partie, constituaient, dans ce même genre, des ouvrages accomplis. « Un philosophe qui aurait voulu habituer les esprits à l’abolition des octrois, écrit ^1. Charles Blanc L n’eût pas mieux conçu son architecture. De quelque point de l’horizon qu’il se dirigeât sur Paris, le marchand, du plus loin qu’il apercevait ces pleines et lourdes murailles, ces portes basses flanquées de colonnes trapues, et ces très rares fenêtres par où il se sentait surveillé, songeait tout de suite à payer la rançon de l’industrie et du travail. Partout l’architecte avait atteint son but en variant l’application d’un même principe, w
Maintenant procédons à l’inverse et imaginons un vaste l)âtiment criblé de fenêtres. Sa façade affectera certainement un aspect particulièrement joyeux. A l’intérieur l’impression de gaieté ne sera pas moins vive. Les fenêtres nombreuses, en effet, ne se bornent pas à chasser la tristesse en versant des torrents de lumière. Elles augmentent le caractère accueillant des pièces, par les communications qu’elles ouvrent avec l’extérieur. Un sage l’a dit : « La pluj)art de nos idées joyeuses nous viennent des autres. » C’est