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PAR LES PROCÉDÉS DE GRAVURE TYPOGRAPHIQUE

Ce procédé de gravure en relief ne diffère pas sensiblement des autres procédés; toutefois, il est basé sur deux principes : une grande réduction et de nombreuses retouches.

Le dessin original d'après lequel ce cliché a été exécuté mesurait environ 0m,45 de large sur 0m,65 de hauteur. Il a donc été réduit près de seize fois (en surface). Le dessin original était entièrement fait à la plume à l'aide de hachures assez fines et franchement lancées, les lointains avaient été touchés assez légèrement; quant aux vigueurs des premiers plans, elles avaient été obtenues surtout en croisant les hachures dans tous les sens et en appuyant aussi un peu plus fortement de place en place.

Après la réduction, les hachures des lointains, les travaux placés sur les bords de la composition ont été retouchés par les photograveurs, — les traits pleins ont été remplacés par des séries de points, très faciles à apercevoir à la loupe, — mais ce qui à l'oeil se traduit par une hachure grise plus fine de ton. On a fait de même pour détacher les plans de verdure qui devaient venir en avant de la tour et des bâtiments du lointain.

Grâce à ces retouches et à une grande réduction, grâce aussi au sentiment d'exécution de l'original, on voit que l'on peut obtenir une vignette typographique dont l'aspect se rapproche beaucoup de celui d'une planche gravée en taille -douce et tirée sans les artifices de l'essuyage et du retroussage.

IMITATION DE GRAVURE A L EAU- FORTE par les procédés de gravure typographique (procédés V.-D.-H.}-

grenés, ou striés, où tout était presque indiqué au crayon, les taches d'encre seules, bien placées, donnaient les vigueurs. D'autres, — comme E. Boudier surtout, — doué d'une habileté de main peu commune et d'une patience à toute épreuve, — ont excellé à dessiner sur le papier strié, et, soit en copiant des photographies avec une précision de détails véritablement étourdissante, soit en interprétant les masses d'arbres d'un paysage avec un juste sentiment de la coloration, ont produit dans ce genre des dessins merveilleux, on pourrait presque dire, dans un beau moment d'enthousiasme, de véritables chefs-d'œuvre.

Cependant, dans une intéressante étude sur les Illustrations chimiques, dont nous avons parlé, — et dont nous parlerons encore souvent, — M. Motteroz a fait entendre une éloquente protestation qu'il est bon de reproduire ici. Dans Vêlai actuel, dit-il, le procédé, très suffisant dans bien des cas, ne donne pas des épreuves comparables à celles que l'on obtient des belles gravures sur bois. La taille coupée par le burin a une netteté qui ne peut exister quand elle est descendue par morsure. Il en résulte que le trait ainsi mordu, — et non taillé, — se compose sur les bords d'une suite ininterrompue de petites aspérités comparables à des dents de scie, — et ces inégalités font que les traits fins sont toujours plus ou moins grossis ou brûlés. Pour que l'héliogravure en relief soit aussi irréprochable que possible, il faudrait, — dit M. Motteroz, — qu'il se formât des artistes retoucheurs spéciaux, — comme l'héliogravure en taille-douce en possède : — nous en parlerons plus loin. Il faudrait que l'acide ayant contribué à faire la mise en place, les grands creux, tout le travail ennuyeux et fatigant, le tout pût être achevé par une main d'artiste.

m ARTS DE RE PRODUCTION VULGARISÉS.

Dans son intéressant volume sur les Procédés de la reproduction graphique appliqués à l'imprimerie, M. A. Monet, auquel rien n'a échappé, signale un curieux procédé destiné à obtenir des fonds striés formés de lignes parallèles plus ou moins serrées suivant la nature des effets à obtenir.

11 y a en effet dans l'uniformité des papiers striés du commerce un écueil presque impossible à éviter : si on emploie ce papier pour des dessins peu réduits, les lignes grises apparaissent plus qu'elles ne le devraient dans la réduction et elles ne donnent plus le même ton que dans l'original, toutes proportions gardées; si, au contraire, on se sert de ce même papier pour des dessins devant subir une grande réduction, il se passera un autre effet, mais en sens inverse : les stries deviendront presque imperceptibles, les lignes se rapprocheront, la tonalité grise est encore modifiée. L'idéal serait donc d'avoir des papiers différemment striés suivant le caractère des dessins et la proportion des réductions à effectuer.

Or un procédé inventé par M. Avril, de Paris, permet aux artistes de strier eux-mêmes leurs dessins.

« L'appareil, dit M. Monet, consiste en une règle de fer un peu lourde, placée entre deux montants à la partie supérieure de la planche à dessiner. Sur cette règle glisse un cadre de bois qui comporte une seconde règle perpendiculaire à la première. A l'intérieur du cadre se meut une alidade qui est tirée en arrière par une bande de caoutchouc qui la maintient ainsi à une certaine distance du côté droit du cadre. Cette distance est déterminée et régularisée par une vis placée sur le côté gauche. »

Pressant avec le doigt l'alidade, — garnie en dessous d'un

verre dépoli, de même que la règle de fer l'est en dessus, — il est facile, en s'emparant du cadre avec un autre doigt, d'amener ce dernier à l'autre extrémité de l'alidade pour tracer une ligne avec un tire-ligne.

Ensuite, supprimant la pression sur l'alidade, celle-ci revient à sa place primitive, à l'intérieur du cadre, par l'action de la bande de caoutchouc.

En répétant cette opération, on obtiendra un nombre infini de lignes parallèles séparées par un intervalle égal à celui qu'a parcouru le cadre pour toucher l'extrémité de l'alidade, et faisant tourner la vis qui dirige cette alidade, on peut varier la largeur de ces intervalles à volonté, et avec quelque pratique, par de petits mouvements réguliers, le dessinateur peut obtenir des dégradations nécessaires pour produire des effets de modelé, la main gauche suffisant pour maintenir l'appareil pendant que la droite fait agir le tire-ligne.

L'appareil est, on le voit, fort utile ; mais ii est aussi un peu compliqué. Il offre tous les avantages de ce qu'on appelle une machine à griser, c'est-à-dire un appareil qui permet d'obtenir des tracés bien équidistants et d'une régularité irréprochable, de plus il permat en outre de varier les distances de ces lignes parallèles.

Avec un peu d'habitude, en faisant glisser simplement un T sur le côté gauche d'une planchette, on peut à l'aide du tire-ligne obtenir des hachures bien espacées; — ceux qui ont eu quelque peu l'habitude du dessin d'architecture obtiennent ainsi, en déplaçant régulièrement le T, des tracés fort réguliers, — mais il faut éviter les effets de moire que produisent des hachures inégalement distantes.

Quoi qu'il en soit, ce — ou ces systèmes — avec ou sans

l'appareil Avril, — permettent de tracer des hachures donnant des tons gris; niais, s'il faut que l'habileté de l'opérateur soit bien grande pour obtenir une teinte de valeur égale, par contre on peut facilement avec ces systèmes obtenir des teintes dégradées.

Si on entrait, d'ailleurs, dans cet ordre d'idées de tracés obtenus par des moyens mécaniques, — on pourrait encore signaler un appareil du même inventeur permettant d'obtenir des rayons, des cercles concentriques, des surfaces coniques avec teintes dégradées, et enfin une machine fort ingénieuse ayant pour but de reproduire facilement les lignes pointillées et destinée à remplacer la molette.

a Cette dernière machine de M. Avril comporte, dit M. Monet, un petit chariot muni d'un patin sur lequel est disposé une petite roue dentée, glissant le long d'une règle à dessin et une pièce oscillante portant un tire-ligne à son extrémité. Les dents de la roue se rencontrent avec l'extrémité d'une pièce qui agit à l'aide d'une vis sur le porte-tireligne; il se produit une interruption du tracé par le soulèvement du tire-ligne, les intervalles entre les lignes étant facilement régularisées au moyen de la vis. »

Mais ces différents procédés relèvent plutôt des dessins purement industriels que des croquis d'art. Nous ne les mentionnons donc qu'à titre de renseignement, et pour indiquer au besoin quel parti on en pourrait tirer pour varier les méthodes connues. Les procédés mécaniques sont d'une trop grande régularité pour être introduits au milieu des travaux libres,, sans précaution aucune; mais, bien employés, ils peuvent, dans certains cas, être néanmoins assez utiles, ne serait-ce que par exception.

Le dessin étant donc achevé, — soit à la plume, soit au crayon, soit sur papier à grain, soit sur papier ligné, strié, quadrillé, etc., — voici l'œuvre de l'artiste terminée, et c'est alors que le travail du photograveur va commencer.

Ce dessin doit toujours être fait plus grand que la vignette désirée, nous l'avons déjà dit. En général, la proportion de la réduction doit être de un tiers , — surtout pour les dessins sur papier ligné ; — pour les dessins à la plume et au crayon sur papier à grain, la proportion de la réduction peut être augmentée, et pour les dessins simplement exécutés à la plume, on peut même demander aux photograveurs des réductions au quart de la dimension du dessin, c'est-à-dire au seizième en surface.

Pour tracer, d'ailleurs, un dessin dans de justes proportions et ne pas avoir de surprises après la réduction , — le dessin réduit cadrant mal ou ne s'agençant pas comme on le souhaitait, — il faut toujours appliquer le tracé suivant. Étant données la largeur A B et la hauteur A G de la vignette que l'on veut obtenir, on trace dans l'angle de la feuille sur laquelle on va dessiner un petit rectangle délimitant bien le cadre de cette vignette. Si on fait un dessin à la plume sur bristol blanc, on peut faire ce tracé très légèrement à la mine de plomb ; à l'aide de la gomme élastique, on fera disparaître ce tracé ; si on travaille sur un papier à grain ou sur papier ligné, il faut indiquer ce rectangle au crayon bleu, — car, comme il est interdit de l'enlever, ces traits bleus ne viendront pas aux opérations photographiques.

Puis on mène la diagonale de ce rectangle A D et on la prolonge d'un côté; dès lors, si on veut faire un dessin exactement plus grand d'un tiers, on porte sur la base ABune

distance B B' égale a la moitié de AB, on élève par ce point une perpendiculaire qui rencontre la diagonale en D, par ce nouveau point on mène une parallèle à la ligne A B', et le dessin exécuté dans le rectangle A C D' B' sera plus grand

Croquis théorique donnant l'ensemble des tracés de réduction. Etant donné un dessin qui doit être réduit à un format donné, on trace d'abord le rectangle de réduction et l'une des diagonales de ce rectangle, et les verticales et les horizontales menées de points, pris sur cette diagonale, déterminent de nouveaux rectangles, limitant le dessin qui peut être exécuté plus grand d'un quart, d'un tiers, du double au quadruple de la vignette voulue, mais qui, grâce à ce tracé, sera toujours dans l'exacte proportion de réduction voulue.

d'an tiers exactement que la vignette voulue, et réduit de ce tiers, — ou neuf fois en surface, — par le photograveur, il remplira le cadre A B G D.

Si on veut exécuter le dessin au double de la vignette, ou quatre fois plus grand, ou dans une proportion quelconque, on trace de même sur un rectangle de justes proportions pour

tfl B = 3 BB'

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