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Le ton du papier (lignes horizontales

2. — Le crayon (silhouette de l'église) : Ton gris sous forme de qua-

drillé plus foncé.

3. — L'encre (arbres et terrain) : Ton noir, traits continus.

4. — Par grattage (nuage du haut): Demi-teinte obtenue en ne grat-

tant qu'à moitié le ligné gris qui se transforme en pointillé.

5. — Par grattage (nuage du bas) : Blanc pur obtenu en grattant

énergiquement le papier pour faire disparaître complètement tout le ligné.

simples, croisées ou quadrillées, donnant au papier un ton gris uniforme. On procède alors par grattage plus ou moins profond à la surface du papier selon l'intensité du ton que l'on veut obtenir.

Les demi-teintes plus ou moins prononcées sont produites

en laissant seulement quelques trails et les blancs en grattant jusqu a ce que le lignage disparaisse tout à fait. Il résulte de cette manière de procéder des blancs mats, des points, des traits plus ou moins longs et gras, des hachures, — obtenues seulement avec le grattoir, — auxquels il faut ajouter des parties noires posées à l'encre, au crayon ou au pinceau, ce qui, on le voit, donne une gamme de tons très variée.

N'insistons pas trop cependant sur cette variété de tons toujours séduisante. Là encore il se passe un phénomène semblable à celui signalé pour la gravure à l'eau-forte : le dessin vu sur le cuivre est toujours charmant, l'épreuve sur papier de cette même planche est toujours beaucoup plus sèche.

Il en est de même pour les dessins sur papier procédé; sur le ton gris argenté que donnent les lignes régulières, les blancs chatoient d'une irrésistible façon et les noirs prennent des profondeurs superbes, surtout s'ils sont suivis de quelques demiteintes bien placées; tout cela est éclatant d'aspect... trop parfois... et ce n'est pas un mal. Il faudrait toujours se contenter de puissants effets d'opposition et ne pas rechercher les trop grandes finesses : simplifier son effet, cela est de première nécessité, et surtout ne pas trop accumuler les détails que la réduction va ronger, tels doivent être les premiers principes que l'on ne doit pas perdre de vue.

Le papier blanc ou — gros grain — et le papier ligné — ou quadrillé gris — étant choisis suivant la nature du sujet à traiter, suivant que l'on veut dessiner simplement à la plume ou au crayon, ou suivant que l'on veut ajouter aux modelés des effets de blanc semblables à des rehauts de gouache et posés au grattoir, on procède ainsi :

On esquisse d'abord légèrement au crayon bleu les lignes principales, et si on veut reproduire exactement une composition déjà bien précisée, on reporte le dessin à l'aide d'un papier à décalquer sous lequel on a préalablement introduit une feuille de papier bleu à report ; en repassant les traits du calque à l'aide d'une pointe dure, on obtiendra ainsi une esquisse sur laquelle on pourra travailler hardiment.

Ceci fait, il faut, comme toujours, éviter les taches de doigts à l'aide d'un sous-main, éviter aussi les froissements qui se traduisent, — trop facilement, — sous la plus légère pression, par des salissures grises, parfois irrémédiables, et se rendre bien compte de l'effet qu'on veut obtenir.

Dans ces sortes de dessins, en effet, il y a toujours un maximum d'effet qui ne peut être dépassé. Dans une gravure à l'eau-forte, au contraire, si on trouve un effet trop faible, on ajoute de nouveaux travaux et surtout on creuse davantage les noirs ; ces noirs, plus profonds, déposent au tirage des masses d'encre plus considérables et l'effet voulu s'accentue, les noirs plus intenses rendant par comparaison les gris plus fins et les blancs plus éclatants.

Les crayons dont on doit se servir, avons-nous dit, doivent être de préférence des crayons gras. Les crayons lithographiques sont excellents, car ils donnent un noir profond, mais ils offrent cependant un inconvénient. Il est très difficile, en effet, de poser des touches d'encre très fines sur les parties grasses ; il faut donc, autant que possible, ne revenir sur ces touches au crayon gras que pour des effets de vigueur un peu appuyés. Les finesses à la plume doivent être ménagées avec soin ; les vigueurs seules peuvent être appliquées sur tous les dessous au crayon.

Le dessin sur papier procédé (strié ou à grain irrégulier) étant donc esquissé au crayon bleu, — détail fort important, car les traits de crayon bleu ne viennent pas a la reproduction photographique, tandis que certains artistes, trop soucieux de soigner leurs originaux au détriment de la reproduction, préfèrent esquisser à la sanguine, — qui vient noire, photographiquement parlant, — ce qui est certes plus séduisant, surtout si on modèle une délicate figure de femme,— mais ce qui se traduit pas la juxtaposition de deux noirs et rend les contours d'une lourdeur excessive, — il faut préciser et dessiner a la plume suivant son sentiment.

Mais dans ces dessins au crayon et à la plume, la tache noire fournie par une touche d'encre posée à plat est la note la plus intense que l'on puisse obtenir. Sans doute cette note varie aussi d'importance suivant l'espace qu'elle occupe; suivant la juxtaposition des tons environnants, la tache noire paraît plus ou moins noire, mais il n'en est pas moins vrai que cette tache noire est un maximum qu'il est absolument impossible de dépasser.

Il est donc parfois prudent, avant d'entreprendre son dessin, de faire dans un angle de la marge une petite tache d'encre; en regardant de temps à autre cette petite note, on finit par bien se pénétrer de la nécessité où l'on se trouve de modérer ses effets pour pouvoir, au dernier moment, obtenir le maximum d'effet en ajoutant les vigueurs.

On ne peut là donner de règles précises : les uns aiment à dessiner méthodiquement et avec soin, les autres préfèrent les croquis prestement lancés, les touches de pinceau hardiment posées. Certains artistes, — Adrien Marie, par exemple, — s'étaient fait une véritable spécialité de ces dessins sur papier

IMITATION DE GBÀVURE A L'EAU-FOETE

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