‹ Les arts de reproduction vulgarisesChapitre 31 sur 64 · D APRKS UN DESSIN A LA PLUME ET AU CRAYON · texte numérisé non relu

D APRKS UN DESSIN A LA PLUME ET AU CRAYON

sur papier procédé QUADRILLÉ BLANC

Ce motif, en forme d'éventail, a été réduit de moitié et a été exécuté entièrement d'un côté, — l'éventail est divisé en deux parties égales par un trait vertical, — au crayon à la mine de plomb, et du côté opposé on a augmenté l'effet à l'aide de quelques traits de plume et de touches au pinceau. On remarquera tout d'abord que les contours des feuilles tracées au crayon ou reprises à V encre se traduisent dans la réduction par des noirs de valeur presque égale. Il en est presque de même des grands noirs posés au crayon ou à la plume. Les traits de crayon posés franchement sont venus avec netteté ; quant aux frottis, ils n'ont pas l'égalité de teinte que donnait l'original; les traits gris, trop rapprochés les uns des autres, présentent d'ailleurs un inconvénient : ils se traduisent à la reproduction par des teintes sans fraîcheur. Dans la reproduction, il n'existe que peu de différence de ton entre les deux parties de l'éventail ; dans le dessin original, au contraire, une moitié très grise contrastait franchement avec l'autre moitié, et toute la partie recouverte de hachures à la plume donnait une gamme de noirs très intenses. C'est donc une nouvelle preuve que l'exécution des dessins destinés à la reproduction doit toujours être très franchement comprise, et surtout sans rechercher les trop délicates transitions de demi-teintes, qui ne peuvent être obtenues par ces procédés de gravure chimique qui tendent au contraire à simplifier et à concentrer par la réduction les effets cherchés.

REPRODUCTION EN RELIEF

d'après un dessin a la sanguine, au crayon noir et a la plume exécuté sur papier procédé (quadrillé blanc)

Cette vignette a été obtenue à l'aide d'un dessin exécuté aux deux crayons (sanguine et crayon noir) avec quelques traits à la plume, et même des touches d'encre au pinceau. Tout le visage a été modelé à la sanguine; on a posé également quelques frottis de crayon rouge sur le manteau (près de l'épaule). Par contre, la coiffure a été indiquée à la plume et au crayon noir, et dans le visage, les yeux, la barbe, etc., ont été précisés à la plume. Il est à noter que, dans un dessin exécuté de cette manière, les tons de sanguine viennent à la reproduction avec la même intensité que des tons noirs équivalents.

REPRODUCTION EN RELIEF

d'après un dessin a la plume, au crayon et al pinceau sur papier procédé quadrillé blanc

Cette vignette donne un ensemble des valeurs de gris et de noir que l'on peut obtenir sur le papier quadrillé blanc. Les touches de crayon posées à la surface du papier se transforment, — cela est très visible à la loupe, — en une sorte de réseau ajouré plus ou moins irrégulier et plus ou moins serré suivant l'intensité des touches. Les traits à la plume se traduisent au contraire par des hachures plus ou moins larges, mais sans interruption aucune, et les grandes touches au pinceau (des roseaux du premier plan), — allégées de place en place par quelques coups de grattoir, — se traduisent par des à-plats d'une extrême vigueur.

REPRODUCTION EN RELIEF

d'un dessin au crayon et au pinceau sur papier procédé (papier quadrillé blanc)

Les papiers quadrillés blancs permettent l'emploi du crayon et du pinceau et aussi celui du grattoir, mais seulement pour enlever des lumières sur des parties déjà travaillées. A l'aide de ces papiers, les frottis du crayon ne se déposant que par places sur les saillies du quadrillé se traduisent à l'impression, — on peut s'en convaincre à la loupe, — par des séries de petits traits noirs croises à angle droit, semblables au réseau brisé, — mais noir, — d'une sorte de mosaïque microscopique. A très faible distance à l'oeil nu, cela donne la sensation d'une teinte d'intensité variable. Les traits à la plume, se reproduisant sans brisure, sont toujours plus énergiques sur ces papiers quadrillés que des traits de crayon. Quant aux à-plats posés au pinceau, ils se traduisent très exactement à la reproduction, mais sont toujours également noirs; que la teinte ait été posée à plein pinceau ou avec une teinte moins abondante, le plus grand effet de vigueur est seul rendu.

REPRODUCTION EN RELIEF

d'après un dessin exécuté a la plume et au crayon avec grattages sur papier procédé, papier ligné gris

L'original, exécuté sur papier ligné, a été dessiné d'abord complètement à la plume et au crayon, puis les vêtements surtout ont été grattés. Sous les coups de grattoir, le ligné régulier a disparu ; on a alors repris à la plume et au crayon le col du vêtement. De même aussi pour la coiffure, des coups de grattoir ont été donnés çà et là. L'avantage de ces retouches sur grattages est de varier l'aspect des blancs du dessin en les rendant moins monotones et moins réguliers, mais le grand inconvénient de ces grattages est de ne donner que des petites surfaces aux contours trop peu accentués qui, dès lors, manquent de netteté à la reproduction. Il en résulte, dans le cas présent, un aspect un peu sale, — il faut bien l'avouer. — Mais, dans certains cas, ces irrégularités voulues sont parfois d'un heureux aspect, et dans des sujets très pittoresques, nécessitant une exécution très primesautière et imprévue, ces grattages irréguliers peuvent être d'un grand secours.

REPRODUCTION EN RELIEF

d'après un dessin entièrement exécuté au grattoir sur papier procédé

Les dessins, exécutés entièrement au grattoir, sont nécessairement d'une intensité de modelé très limitée; de plus, ils ne conviennent que dans certains cas particuliers. Pour interpréter un médaillon, une sorte de camée, — surtout si le tirage peut être exécuté en sanguine, — le procédé serait excellent. Les quelques traits noirs que l'on remarquera dans la figure sont produits par le grattoir, qui n'a fait que d'écraser les lignes grises sans enlever le blanc. Quant au contour du médaillon, il a été repris à la plume, et on aurait pu détacher ce profil, soit sur un fond blanc, soit sur un fond ligné dan s le même sens. Ici, le médaillon ayant été exécuté sur un ligné vertical a été placé sur un ligné horizontal un peu différent et se traduisant à l'impression par une teinte grise plus pâle que celle donnée par le papier sur lequel le profil a été exécuté.

REPRODUCTION EN RELIEF

î) UN DESSIN A LA PLUME ET AU CRAYON SUR PAPIER PROCÉDÉ

(papier ligné cris)

Le dessin original a été très peu réduit et les noirs vigoureux du premier plan ont été posés au pinceau. Quelques frottis de crayon ont servi à découper certains plans des lointains. En nous privant volontairement des rehauts blancs posés au grattoir, nous avons voulu donner un exemple de l'aspect gris et monotone que prennent les dessins sur papier ligné lorsqu'ils manquent de ces touches lumineuses qui font vibrer l'ensemble.

REPRODUCTION EN RELIEF

d'un dessin exécuté au pinceau sur papier procédé (papier ligné gris)

Le dessin original a été réduit de moitié. Il était entièrement exécuté au pinceau. Les traits posés au pinceau sont toujours plus gras que ceux indiqués à la plume ; mais la réduction peut, on le voit, leur donner le même aspect en leur donnant de la finesse; toutefois, le maniement du pinceau exige des précautions particulières et ne permet pas toujours d'exécuter les détails avec la précision voulue; par contre, le pinceau permet une certaine liberté d'allure qui n'est pas sans charme. Les blancs posés au grattoir servent à accentuer vivement les effets de coloration.

REPRODUCTION EN RELIEF

u'iN DESSIN A LA PLUME ET AU CRAYON SUR PAPIER PKOCÉDF

(ligné gris)

Les vignettes exécutées sur papier procédé peuvent, soit se terminer carrément, avec ou sans filet d'entourage, soit se découper sur un fond blanc. Dans le cas présent, toute la silhouette de la poupée japonaise eût été sans valeur aucune sur unTond gris ; aussi a-t-il fallu gratter tout le fond de façon à obtenir du blanc. Ce grattage de grande surface est à la fois assez ennuyeux et assez difficile; aussi suffit-il parfois, — quand on ne songe pas à donner au dessin original un aspect soigné et qu'on ne travaille qu'en vue de la reproduction, — de cerner les contours d'un large trait blanc obtenu au grattoir, — de détourer le dessin suivant l'expression technique des photograveurs, — et on indique, à l'aide d'une annotation spéciale destinée au photograveur, que tout le fond doit être découpé.

REPRODUCTION EN RELIEF

d'un dessin a la plume et au crayon exécuté sur du papier procédé a grain gris vermiculé

Pour éviter l'aspect froid et un peu monotone des papiers lignés, on a essayé de fabriquer des papiers d'un aspect particulier. Le papier sur lequel ce dessin a été exécuté, — au crayon gras et à la plume avec rehauts de grattoir, — est un bristol ligné en blanc et recouvert aussi de très fins vermiculages en noir. En grattant plus ou moins profondément on obtient des blancs et des gris. Là où le lignage réapparaît sous forme de lignes à pointillés irréguliers, — dans quelques parties du ciel notamment, on obtient des lumières moins intenses; là où il disparaît, on obtient des blancs purs. Ce papier procédé rarement employé est pourtant d'un effet assez pittoresque.

REPRODUCTION EN RELIEF

D'APRÈS UN DESSIN A LA PLUME SUR BRISTOL AVEC SUJET DIFFÉRENT A LA PLUME ET AU CRAYON TRAITÉ SUR PAPIER PROCÉDÉ

Le dessin original, mesurant environ 0m,23 de large, a été, on le voit, fort réduit. Le sujet formant entourage a été entièrement traité à la plume; quant au sujet central, il a été exécuté à la mine de plomb et à l'encre sur du papier ligné, les hachures posées horizontalement. A cause de la grande réduction, ce fond ligné a pris, en se resserrant, une très grande intensité, et, par suite, les blancs posés au grattoir ont pris dans la réduction une vigueur qu'ils n'avaient pas dans l'original. Par la même raison, les touches de crayon qui jouaient leur rôle dans le dessin passent presque inaperçues dans la reproduction, ce qui prouve qu'il ne faut jamais exagérer les dimensions de réduction des vignettes sur papier système, tandis qu'au contraire l'entourage à la plume sur bristol a fort bien subi une réduction de plus de moitié.

REPRODUCTION EN RELIEF

D APRES UN DESSIN A LA PLUME SUR BRISTOL AVEC MOTIFS SPÉCIAUX EXÉCUTÉS A LA PLUME ET AU CRAYON SUR DIFFÉRENTS PAP ERS PROCÉDÉS

On a groupé dans ce dessin, exécuté au double de la vignette, divers objets que leur nature permettait de rendre par des procédés différents. On a d'abord découpé dans le dessin le petit rectangle du tableau posé sur le bahut, et le petit motif de paysage a été exécuté sur un morceau de papier à gros grain rappelant le grain de la toile. Pour le bas-relief, on a au contraire appliqué un morceau de papier ligné, — en plaçant les lignes dans le sens vertical. — Sur ces deux papiers on a mélangé les touches de plume et de crayon, mais sur le bristol on n'a tracé que les hachures à la plume, les grands noirs seuls ont été posés au pinceau.

Reproduction en demi-teinte.

Similigravure.

Tijpogravure.

La reproduction de dessins au trait fut longtemps la seule que l'on put tenter ; des blancs et des noirs et surtout des hachures, puis des grenés de crayon, et enfin des combinaisons de hachures grises fournies par des papiers spéciaux, tels devaient être les éléments des dessins destinés à être réduits photographiquement d'abord et ensuite mis en relief par les procédés de la zincographie.

Depuis quelques années seulement, sous le nom de demiteinte ou de similigravure, on est parvenu à reproduire des dessins au lavis, voire même des tableaux.

Lorsqu'en effet on photographie un dessin au trait, les blancs et les noirs sont indiqués de suite, il ne reste qu'à les faire mordre ; mais, lorsqu'au contraire on photographiait, — sans certaines précautions, — ■ un dessin au lavis, on n'obtenait sur la plaque de zinc qu'une plaque noire uniforme. Or, cette plaque uniforme se transformerait à l'impression en une plaque d'encre non moins uniforme, et ce sont ces à-plats qu'il faut éviter.

Les uns ont cherché à transformer ces teintes plates à l'aide d'une couche de sable, dont le grain traduit, par des picotements plus ou moins serrés, l'intensité des teintes. Les autres ont combiné des sortes de réseaux donnant l'aspect d'une fine étoffe de tulle dont les mailles de fil, régulièrement croisées, se détacheraient en blanc sur les parties teintées. Dès lors, en variant plus ou moins ces blancs ajoutés sur

les teintes, on interprète ces teintes pour ainsi dire par une série de points qui, à distance, donn ent encore l'aspect d'une teinte unie, mais qui pour l'impression se comportent comme une véritable vignette typographique, — offrant des blancs, c'est-à-dire des réseaux creusés qui ne reçoivent pas d'encre, — et des noirs, — c'est-à-dire des points régulièrement espacés, plus ou moins serrés, voire même juxtaposés, vus à la loupe, qui seuls sont touchés par le rouleau d'encrage.

Dans une page brillante du Figaro-Photographe, consacrée à la photogravure, M. Léop. -Martin Laya a peut-être été un peu vite en besogne en déclarant que la photographie a lue la gravure. Elle la tuera peut-être, mais encore faut-il constater que jusqu'ici le prétendu cadavre est un cadavre récalcitrant, car il se débat et lutte encore.

« Le soleil, a dit M. L.-M. Laya, a rejeté le graveur; il burine de ses propres rayons la plaque dont les épreuves ont désormais une précision mathématique, une inaltérabilité indiscutable, obtenue au prix d'une dépense de beaucoup inférieure à celles que nécessitent à la fois les photographies aux sels d'argent et la gravure. Avant la photographie, pour obtenir une image, il fallait creuser une matière, soit métal, soit bois; la planche était imprégnée d'encre, une feuille de papier y était appliquée et le dessin était reproduit. Il y avait deux sortes de gravures, celle dans laquelle l'encre imprégnait les reliefs de la planche, et celle dans laquelle l'encre imprégnait les creux de la planche. Le travail était long, coûteux, irrégulier {?). La photographie survint, bouleversant (?) les deux gravures, créant une troisième. L'image était photographiée sur une pellicule qui, appliquée sur le métal, la pierre, le verre, le zinc, s'y substituait sous

l'action d'un acide, au travail lent, coûteux et irrégulier (?) du graveur. Cette application prenait le nom de photogravure. » Le couplet est joli et prestement enlevé, quoique un peu dur pour les graveurs. Les graveurs d'interprétation auront certes, dans l'avenir, à lutter contre les reproductions en photogravure... aussi ils s'aident déjà des décalques photographiques, et ils font bien ; mais, quant aux graveurs originaux, pour ceux-là la photogravure ne les gêne guère, car les qualités d'une gravure sont tout autres que les qualités d'une photogravure; — nous n'y mettons, on le voit, aucun parti pris d'aquafortiste. Le grand, l'immense avantage de la photogravure, c'est de permettre la reproduction directe d'un dessin et d'une peinture sans le secours d'un intermédiaire, et, quelles que soient les imperfections des procédés actuels, il faut reconnaître que, confiées à des mains habiles, ces reproductions sont souvent très heureuses et parfois très habiles.

Mais où M. Martin Laya est à citer avec éloges et sans restriction, c'est lorsqu'en quelques lignes il présente un tableau de la plus parfaite clarté, résumant tout l'ensemble de la photogravure. On peut, dit-il, diviser en trois groupes les procédés obtenus par le creux, par le plan et par le relief, en subdivisant chacun de ces groupes en deux sections relatives : l'une à la reproduction d'images au trait, composées de blancs et de noirs ; l'autre à la reproduction d'images à la demi-teinte, composées de teintes continues.

Nous dirons plus loin quelques mots des procédés en creux ou en taille-douce qui forment le premier groupe, et de celui qui forme le second et n'est autre que le procédé Poitevin. Quant au troisième groupe, il comprend pour la gravure en relief deux sections. La première comprend les reproductions de

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