SIMILI-GRAVURE
d'après un dessin au lavis sur bristol lisse
En comparant cette reproduction par la simili-gravure avec la reproduction en héliogravure en taille-douce d'un môme dessin exécuté au lavis, on verra d'un seul coup d'oeil quels sont les avantages et les inconvénients de chaque procédé.
Dans cette reproduction, le motif d'angle, — tour élancée avec silhouette de chaland au premier plan, — n'ayant pu venir avec netteté (le d essin original avait été volontairement exécuté à l'aide d'une encre très pâle, et nous avons montré ailleurs, par un exemple spécial, que les dessins exécutés ainsi ne pouvaient être exactement reproduits môme par les procédés moins compliqués du simple gillotage), ce dessin est devenu c omplètement méconnaissable, tandis que l'héliogravure en taille-douce a fort bien rendu, — avec son ton particulier, — tous les détails que la simili-gravure n'a pu rendre.
De môme aussi le petit médaillon n'a pas été reproduit dans le sentiment de l'original et la valeur des tons a été changée; de plus, l'aspect du lavis n'a été que très imparfaitement rendu. Dans la reproduction en taille-douce, au contraire, tous les détails ci-dessus ont été exécutés avec une grande précision. ♦
Les deux autres parties du dessin original, — le vieux château dans le bas et dans le haut les toitures se détachant en silhouette énergique sur un ciel éclairé par la lune, — ont été au contraire bien reproduites par le procédé de simili-gravure. Naturellement l'interprétation des teintes plates à l'aide de points n'a pu donner le velouté de l'aquatinte et rendre aussi moelleusement que la taille-douce l'aspect des teintes de lavis de l'original; mais il faut reconnaître que le rapport des valeurs a été conservé assez exactement et que les touches de vigueur posées çà et là pour alléger les teintes plates ont été conservées très habilement.
De plus, il ne faut pas perdre de vue que l'héliogravure en taille-douce, si elle est plus séduisante, a nécessité un tirage spécial, tandis que pour cette simili-gravure il a suffi de recourir à un simple tirage typographique.
SIMILIGRAVURE.
dessins au trait, elle est basée sur les propriétés du bitume de Judée et a été appliquée pour la première fois par Nicéphore Niepce et pour le creux seulement ; c'est dans cette série que prennent place tous les procédés zincographiques dont nous avons déjà longuement parlé.
Mais quant à la seconde section ou procédé de reproduction à la demi-teinte, elle comprend trois procédés : d'abord le procédé Woodbury, qui obtient la demi-teinte en intercalant une trame entre le métal et la pellicule.
Le procédé Barré, qui est basé sur le même procédé, et enfin le procédé Ch. -G. Petit, dans lequel on remplace la trame par un réseau de lignes tracées sur le métal.
Dans les deux premiers procédés, le réseau blanc est obtenu en photographiant le dessin ou le tableau à reproduire, c'està-dire en interposant pendant la moitié de la pose entre l'original et l'objectif un écran couvert de stries placé diagonalement, puis en interposant pendant la seconde moitié de la pose le même écran strié, placé en sens inverse de façon à obtenir une sorte de réseau en forme de filet, à mailles régulières et losangées que l'on obtient plus ou moins serré, suivant que l'on emploie des stries plus ou moins fines.
Dans le second procédé, c'est une couche de sable qui donne aux demi-teintes une apparence grenée plus ou moins finement, mais non pas quadrillée.
Dans certains cas, ces grenés, toujours un peu irréguliers, sont d'un effet assez pittoresque; dans d'autres cas, au contraire, le quadrillé bien égal n'est pas sans charme, car il est parfois d'une telle finesse, qu'à très peu de distance il disparaît presque complètement.
La simili-gravure ou typogravure est souvent désignée en
Allemagne sous le nom de autotypie. Chez certains spécialistes, entre autres chez G. Meisenbach et V. Schaedel de Munich, on obtient par ce procédé de reproduction des clichés très fins qui, tirés avec grand soin sur de splendides papiers, sont d'un joli effet. Vues à la loupe, les épreuves des clichés allemands sont surtout d'une grande régularité de pointillé, principalement dans les ciels et les lointains ; d'ailleurs, pour en faire valoir la finesse de ton, la plupart des vignettes ainsi reproduites sont souvent bordées d'un large filet noir placé à un demi-millimètre environ du champ de la planche. Ce n'est rien au premier abord que ce léger artifice, il n'en résulte pas moins pour l'œil une agréable sensation. Ce très mince filet blanc avivé par le noir produit jusqu'à un certain point l'effet de cerné du vitrail. Sans le réseau de plomb enserrant les morceaux de verre, que de couleurs qui paraîtraient fades; ici le résultat est le même, toutes proportions gardées.
Les reproductions de Meisenbach et Riffarth de Munich, soit d'après des tableaux, soit d'après des dessins au crayon ou au lavis, soit même d'après des photogravures en tailledouce transformées ainsi en clichés en relief, sont d'une extrême finesse; cela est une de leurs premières qualités, mais ce n'est pas la seule, et il faut croire d'ailleurs que la précision d'exécution des originaux est pour beaucoup dans le bon aspect de ces épreuves qui, destinées parfois à fournir de grandes planches hors texte, voire même des médaillons d'affiches d'une allure décorative toute spéciale, telle par exemple, la composition du professeur N. Gyzis pour une des expositions annuelles de Munich, sont surtout d'une variété de pointillés très bien proportionnée avec la dimension de la planche.