C. — 1° Jaune citron foncé
2° Bleu d'outremer; 3° Carmin pur;
et noir rougeâtre ou noir d'ivoire.
La première palette permet d'obtenir des colorations un peu sourdes, mais intenses; la seconde, des colorations vives et fraîches ; et la troisième doit être employée de préférence dans les sujets où les verts de colorations différentes dominent.
Pour permettre de rendre le mieux possible des effets de coloration très compliqués, on peut avoir recours à une palette ainsi composée :
Deux jaunes. — Jaune foncé et jaune clair.
Deux bleus. — Bleu foncé et bleu ciel.
Sept rouges ou roses. — Chair, rose, écarlate, sanguine,
laque rouge, rouge orange et
rouge violacé.
Deux violets. — Violet et teinte neutre. Deux verts. — Vert bleuâtre et vert jaunâtre. Deux bruns. — Bistre et sépia.
A côté de cette palette un peu compliquée, il faut en
placer une autre de Ch. Lorilleux, qui, basée surtout sur la différence du grain de la planche, permet d'obtenir pour des tirages très peu nombreux les tons indispensables.
La première palette, consacrée aux couleurs primaires, est composée de :
1° — Jaune clair ; 2° — Bleu foncé; 3° — Laque écarlate; 4° — Teinte neutre.
L'intensité des nuances étant obtenue par la superposition des tons et étant en rapport avec la grosseur du grain des planches, en superposant le jaune et le bleu on pourra produire toute la gamme des verts, depuis le vert bleu jusqu'au vert jaune.
Avec un grain de la planche bleu fort et un grain de la planche jaune faible, on aura du vert bleu ; par contre, avec un grain de la planche bleu faible et un grain de la planche wune fort, la. superposition donnera un vert jaunâtre. Quant à la teinte neutre, elle est indispensable pour accuser les reliefs, les demi-teintes ou les traits du dessin à reproduire.
Mais, on le voit, avec quatre tirages seulement, on peut obtenir une grande variété de coloration à l'aide de ses quatre couleurs primaires.
Quand on peut augmenter le nombre des tirages, il faut alors recourir aux quatre couleurs suivantes, ou couleurs secondaires :
1° — Rose chair; 2° Bleu clair; V — Vert bleu ; k° — Bistre. ■
l : ;Un ton chair sera toujours mieux rendu et plus juste
GRAVURE EX COULEUR EX RELIEF
D'APRES UN DESSIN A LA PLUME ET AU CRAYON SUR PAPIER PROCÉDÉ QUADRILLÉ BLANC RÉDUIT D'UN TIERS PUIS AQUARELLÉ POUR SERVIR DE MODÈLE AU PHOTOGRAVEUR
GRAVURE EN COULEUR EN RELIEF
d'après un dessin sur papier procédé
L'original exécuté au crayon et à la plume sur papier quadrillé blanc a été réduit d'un tiers, et sur une épreuve de la réduction on a exécuté une aquarelle. Ici, l'original était coloré à l'aide de tonalités très variées, et le photograveur, en interprétant cette aquarelle à l'aide de trois tons : rose, jaune et bleu, a dû simplifier considérablement. Dans le ciel et le lointain, notamment, deux bleus avaient été employés dans l'original : l'un pour les nuées et pour la silhouette de l'édifice, l'autre pour simuler les nuages de pluie qui couvrent de stries parallèles la partie supérieure du dessin. Ici, le même bleu grené plus ou moins fin a donné les deux tons par à peu près, et en arrière de la silhouette de l'église des touches au crayon données par le cliché noir ont augmenté la tonalité de ces nuages sombres. Des lointains, violets dans l'original, les toitures estompées dans la brume, ont été rendus, dans la reproduction, par des grenés bleus dominant des grenés roses. Quant aux premiers plans, un même jaune mais de grené différent, a servi pour indiquer la tonalité générale des vieilles maisons et des poutres de bois dont quelques grenés roses habilement semés ont réchauffé çà et là la coloration. En résumé, l'aspect de l'aquarelle originale a été assez bien rendu, et ici le dessin en noir, — plume et crayon, — s'harmonise beaucoup mieux avec les planches en couleur que dans la planche précédente. Les grenés du crayon, — qui se sont transformés à la reproduction en une série de microscopiques hachures croisées à angle droit et rompues par places, — donnent des teintes grises sans dureté, et les noirs intenses sont seuls obtenus par des touches à la plume. Les reproductions en couleur exécutées ainsi sont d'un aspect plus fondu que celles exécutées à l'aide des dessins exclusivement à la plume ; et si les contours des teintes sont bien rendus par le photograveur, si ce dernier a pris soin de bien calquer pour ainsi dire les coups de pinceau de l'original, il peut, en employant un nombre de planches assez restreint obtenir des planches en couleur qui donnent assez bien la sensation de fraîcheur de l'aquarelle.
GRAVURE EN COULEUR EN RELIEF
s'il est encré avec un rose spécial que si on veut l'interpréter avec un ton de laque écarlate sur grain fin; de même le bleu clair permettra d'obtenir des effets ton sur ton, et le vert franc sera toujours beaucoup plus frais que le vert obtenu par superposition. Quant au bistre, il permet de donner plus de profondeur aux ombres et évite les duretés que donnerait un noir.
A ces huit couleurs on peut sans doute en ajouter d'autres, mais ces couleurs supplémentaires ne doivent être substituées que suivant les colorations particulières à interpréter.
Ces couleurs supplémentaires sont au nombre de huit : Un jaune. — Jaune foncé.
Quatre rouges. — Rose, laque rouge, rouge orange,
rouge violacé.
Un vert. — Vert clair.
Un violet. — Violet clair.
Un brun. — Sépia.
Le tirage des planches encrées en couleur exige d'abord une température constante dans les ateliers, et aussi de soigneux lavages des tables à encrer et des rouleaux.
Les rouleaux des machines à imprimer doivent être toujours très secs, la moindre trace d'humidité empêchant la distribution de la touche. Ils doivent être fermes et consistants, lavés à l'essence de térébenthine, puis légèrement à Teau pure et séchés très soigneusement. Quand on exécute des impressions polychromes et que le travail nécessite de changer souvent la couleur sur la machine, il est utile d'avoir plusieurs jeux de rouleaux que l'on met chacun sur une couleur différente.
Les plaques de zinc gravées et montées sur de petits blocs de bois, comme des clichés ordinaires, sont soumises comme les vignettes sur bois à une mise en train spéciale. Il faut répartir la pression sur le cylindre en tenant compte des effets de dessin, c'est-à-dire faire en sorte que les parties lumineuses viennent à l'impression avec une légèreté suffisante et que les parties mates soient fortement portées. En découpant une ou plusieurs épreuves sur bristol ou sur papier fort et en superposant et en collant ces découpures sur le cylindre à des endroits précis, on obtient ainsi les effets voulus.
En principe, il faut exécuter autant de tirages qu'il y a de planches en couleur ; mais, pour rendre ces tirages moins onéreux et plus rapides, on a dû chercher industriellement à en diminuer le nombre. Ceux qui voudront, à ce sujet, trouver des renseignements précis sur les procédés industriels qui sortent de notre cadre trouveront dans l'excellent volume de M. Monet, auquel nous avons fait de précieux emprunts, des reproductions et des descriptions très exactes des machines employées. Disons seulement que l'une des machines les plus usitées pour les tirages en couleur, bien que portant le nom de machine à deux couleurs, permet, en employant des encriers séparés par des cloisons et des rouleaux coupés par des stries de façon à laisser un intervalle entre chaque couleur, d'imprimer plus de deux couleurs à la fois ; qu'il existe d'autres machines en France et en Allemagne basées sur un principe rotatif, et pouvant imprimer simultanément six couleurs, mais que l'une des grandes difficultés de la construction de ces machines réside surtout dans la superposition des teintes. Tant qu'il ne s'agit que de teintes juxtaposées, le problème est facile à résoudre, mais quand il faut tirer des teintes super-
posées, — et c'est presque toujours le cas dans les vignettes en couleur, — certaines teintes n'ayant pas le temps matériel de sécher sur le papier, il se produit une confusion, un mélange de couleurs et un empâtement général qui rendent les épreuves défectueuses et inadmissibles.