LA VERRERIE
A VERRERIE est l'art de la transparence — a écrit Félix Massoul. —
Fils de la flamme des fours ardents, le verre se laisse, en effet,
traverser par les rayons lumineux, dont le jeu incessant s'ajoute au contraste et à l'harmonie des couleurs. Il est la matière incomparable que le vin colore de grenat ou de topaze, et parfois sa limpidité et sa réfringence sont telles, qu'il semble issu d’une fontaine dont l'eau aurait été solidifiée par le feu. Sa vie est faite de son union constante avec la lumière qui pénètre ses éléments constitutifs sans les altérer. »
L'art du verre, qui est donc en même temps l’art de la couleur, tire son origine de la plus haute antiquité ; il existait dans notre pays dès le temps des Gaulois, mais il n’est sorti de son enfance, tant de fois séculaire, que vers la fin du siècle dernier, lorsque des artistes de talent, tels que Tiffany, Brocard, François-Eugène Rousseau, Henri Cros, Émile Gallé, le remirent en honneur. Cette renaissance marque le début d’une ère de progrès, qui ne semble pas près diètre close.
La science a permis à nos artistes modernes de réaliser, en ce domaine, de véritables prodiges. Tour à tour, Michel, Léveillé, Reyen, Mellerio « surent donner au verre le summum de couleur et de richesse, avec un remarquable raffinement de technique ».
Dans les premières années de ce siècle, un artiste: déjà réputé par ses créations dans l’art du bijou, Lalique, obtint d'emblée le