‹ Les arts décoratifs modernesChapitre 68 sur 83 · RODIN. — « LES BOURGEOIS DE CALAIS · texte numérisé non relu

RODIN. — « LES BOURGEOIS DE CALAIS

chercher des mouvements heureusement balancés; mais la scuipture n'en est pas moins, d’abord et d’une manière essentielle, le jeu d’une combinaison de volumes dans l’atmosphère. Elle est donc, par définition, monumentale.

Les maîtres d'hier l'avaient pareillement oublié, Rodin lui-même ; mais l'influence de Rodin est éteinte. Sans doute le génie d’un tel artiste échappe à toute règle. Son œuvre peut n'être pas architecturale : il suffit qu'elle soit. Dans son œuvre, c’est l’auteur qu’on

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GHenche MEL OURS RIMANTTCSTE en effet; et l'on s'étonne même de trouver autant d'intelligence plastique que de sensibilité dans ces créations qui semblent être les effusions spontanées d’un « tempérament » titanique. Mais un maître a toujours des suiveurs, dans les œuvres desquels apparaissent, amplifiées, grossies parfois jusquà la charge, ses formules caractéristiques. « Ma science, prédisait Michel-Ange, perdra mes successeurs. » On ne vit, en effet, pendant un long temps, à Rome, qu'énormes torses boursouflés, doubles muscles tendus et visages convulsés.

Puis cette fureur s'apaisa.

L'exemple de Rodin n'aura pas été moins funeste. Nous avons connu, voici quelque quinze ans, l’académisme de l’'athlète mou. Par bonheur apparut Bourdelle. Ses pasticheurs, — qui sont les mêmes, — ouvrirent l'ère de l’athlète sec, où nous sommes encore, la statuaire cubiste ayant manqué son entrée. Mais il convient de restituer aux suiveurs la responsabilité de leurs pauvretés. Pas plus qu'elles n’ont compromis Rodin, elles ne compromettent Bourdelle. De cette redoutable épreuve, les deux maitres sortent vainqueurs.

Antoine Bourdelle possède en effet cette supériorité qu'est un profond savoir. S'il

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