‹ Les arts décoratifs modernesChapitre 7 sur 83 · HOTEL PARTICULIER. DESSIN DE P. HUILLARD · texte numérisé non relu

HOTEL PARTICULIER. DESSIN DE P. HUILLARD

ils ont subordonné leurs œuvres aux exigences nouvelles, ils ont assaini la maison, tout en simplifiant l'ordonnance. Reprenant lés traditions de bon sens et de goût, ils ont été vrais et sains dans leurs constructions, ils ont renversé les obstacles les plus difficiles en éliminant la fausse architecture et le mensonge du pastiche. À eux revient le mérite d’avoir rendu possible l’éclosion d’une renaissance de l’architecture.

De nos jours, le problème de la maison est posé avec une acuité angoissante; de sa solution dépend en partie l'avenir de notre société.

Créer la maison moderne rationnelle est donc, pour l’architecte, une haute et noble mission. Connaître et utiliser les matériaux nouveaux afin de perfectionner les moyens de construire, organiser tous les éléments de la maison et les mettre au point comme ceux d’une précieuse mécanique, éliminer tout l’inutile, suppléer à l'usage routinier par la connaissance scientifique, telles sont ses obligations.

L'architecte doit posséder à la fois les qualités de l'artiste et la science du technicien. Toutes les: belles” œuvres "architecturales révèlent l’union harmonieuse de ces facultés chez leurs créateurs. Au cours du siècle dernier, on eut le tort de dissocier ces deux éléments inséparables de l'architecture : l’art de composer et la science de construire. Suivant le témoignage de Quatremère de Quincy, que je me plais à citer, l'erreur remonte à la fin du xvumir siècle. « Qui croirait, écrivait le savant archéologue, qu'il existe dans Paris deux écoles d'architecture distinctes par le local, le choix des maîtres, la nature des leçons ? Que l’on montre dans l’une l’architecture comme art de goût, et dans l’autre comme art de besoin; qu’on aille ici pour apprendre à construire et là pour apprendre à décorer; qu'il y ait une école pour apprendre à faire un temple et une autre pour apprendre à faire un pont. Ce démembrement d'instruction, en décomposant l'essence de cet art, a porté le coup le plus funeste aux deux parties. Il a habitué les uns à croire que le goût dispense de la solidité, et les autres que les calculs peuvent remplacer le génie. »

Répétons pour conclure ce que nous affirmions au début de ces lignes : l'utilité est le principe fondamental de l'architecture; c’est, à ce titre, le premier des arts appliqués.

Par le bien-être matériel qu’une habitation bien conçue offre à ses hôtes, l'architecte contribue pour une part considérable au bonheur du foyer. Son rôle social est donc de la plus haute importance.

Roux-Spirz.

Page 1