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L'utilité, la fin pratique, n'exclut nullement la beauté; mais elle dédaigne l’ornementation capricieuse, l’enjolivure rapportée, le trompel'œil : La crinoline. L'’utile, c’est le vrai, et c'est en architecture surtout que l’aphorisme : le beau n'est que la splendeur du vrai, prend toute sa signification.
Il faut bien reconnaître que l'architecture privée ne semble pas encore avoir pleinement conscience de cette vérité; elle n'a pas suivi, aussi rapidement que les autres arts appliqués, le mouvement général du progrès qui s’est produit depuis trente ans dans les sciences et dans l'industrie, et qui notamment a mis à la disposition de l'architecte deux nouveautés considérables : le ciment armé et la charpente en fer.
Nous avons toujours les murs épais qui obstruent la place et la lumière; les cheminées à émanations et refoulements; les escaliers mal éclairés; une distribution intérieure où la satisfaction du bien-être est sacrifice au désir de paraître : vaste salon prétentieux, au plafond et aux lambris abondamment décorés de revêtements en staff; cheminée de style pseudo-Louis XIV ou Louis XV; chambres mesquines, souvent obscures, fenêtres à menuiseries barrant la vue; cabinets de toilette sans fenêtres; dégagements exigus et sombres; staffs poussiéreux, papiers peints, éclairages irraisonnés..., telles sont quelques-unes des sottises et des laideurs qui nous sont infligées dans presque toutes les maisons à loyer construites depuis un demi-siècle.
Cependant les réalités nouvelles s'imposent; les locataires ont réclamé le confort moderne. Les architectes durent remanier le vieil immeuble. Pour installer l'ascenseur, le chauffage et l'électricité, lambris et corniches furent troués et déformés pour faire place aux canalisations; les cartouches et les guirlandes crevés pour laisser passer les fils électriques; les entablements coupés pour loger les encaissements des rideaux Baumann. II ne restait plus qu'à ouvrir des baies vitrées dans les cloisons, à piquer des ampoules électriques sur de fausses bougies, à masquer les appareils de chauffage par des cache-radiateurs Louis XV! Et la rénovation était complète.
Qu'on inflige ce rapiéçage inesthétique à de vieilles maisons, trop solides encore pour qu'on songe à les démolir, c’est une dure nécessité à laquelle il faut bien se résigner; mais que des architectes ressassent encore, pour des constructions neuves, des formules désuètes de plans d'hôtels du xvin* siècle ou d'appartements du second Empire, sans se préoccuper des nécessités de l'hygiène, du mieux-être, des habitudes et des besoins actuels, cet anachronisme et cet illogisme ont vraiment trop duré.
Il serait toutefois injuste de rendre les architectes contemporains complètement responsables de la lenteur des progrès réalisés en architecture. Si la maîtrise de l’œuvre semble hésitante, et si, dans la
voie du progrès, les arts du mobilier notamment ont devancé l’architecture, il faut considérer les difficultés particulières qui incombent aslarehitecte Letédontalaruste décorateur est exempt LPsuiitede quelques centaines ou de quelques milliers de francs pour construire l’objet ou le meuble que le décorateur crée à son gré; l'édification d’une maison nécessite des centaines de mille francs, et loin d’avoir toute liberté d'action, l'architecte, pour construire la maison particulière ou l'immeuble de rapport, est le plus souvent tenu de soumettre son œuvre au goût et aux exigences du propriétaire.
Malgré ces difficultés professionnelles, un groupe important d'architectes a résolument ouvert la voie, et les documents réunis dans les pages suivantes en fournissent l'évident témoignage.
Se rendant compte de la complexité des besoins de notre époque,
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