CHAPITRE VII LA BRODERIE DANS LES FLANDRES
Les brodeurs de Bruges — travaux pour la Cour de Bourgogne.
La Flandre se distingua, elle aussi, par une très grande habileté à traduire par l'aiguille les dessins de ses artistes. Un grand nombre d'orfrois qui en proviennent peuvent être comparés, pour le sentiment artistique, avec les triptyques peints, les retables sculptés, et les plus beaux vitraux.
Tant que la maison de Bourgogne posséda la Flandre, elle en lira ses plus admirables broderies. Lu 1281, d'après un compte retrouvé par le chanoine Debaisne, le comte de Flandre dépensait en broderies, pour la naissance d'un enfant, la somme de 480.000 livres. D'autres comptes font mention de commandes faites à des brodeurs de Bruges. Quand le pays passa siius la domination des Espagnols. Charles-Quint mit largemenl à contribution le talent des brodeurs flamands.
L'un des plus beaux ornements sacerdotaux qui y ait été exécuté, est celui qu'on voit au musée de Vienne. 11 se compose d'une chasuble, de 2 dalmatiques, de 3 chapes et de 2 anlependia. Les figures de saints qui les décorenl sonl brodées en soie de diverses couleurs, sur drap d'or, d'après les cartons d'un artiste très proche des Van Eyck, si ce n'est eux-mêmes. Des perles li i i.s entourent les saints personnages, el leurs couronnes sont rehaussées de pierres précieuses. Ces splendides ornements auraient servi pour la célébration du premier chapitre de la Toison d'Or, tenu par Philippe le Don, le lu janvier 1 130
• hi peul attribuer aussi à Tari Flamand la plupart des broderies que Charles le Téméraire, fils de Philippe le Don, perdit à la bataille de Granson, le '4 mars 1 i~o. où les Suisses firent sur lui un riche butin, et qui se trouvent au musée i\r Berne. Du Sommerard a publié la plupart