‹ Les arts du tissuChapitre 106 sur 280 · LA TAPISSERIE ]>E LA REINE MATHILDE A BAYE1 \ IÎJ · texte numérisé non relu

LA TAPISSERIE ]>E LA REINE MATHILDE A BAYE1 \ IÎJ

et deux placés horizontalement, tous vêtus d'une tunique courte, el tenant levée une croix. C'est une représentation de l'Assomption de la Vierge devant les apôtres, qu'on n'avait pas cru exister dans l'Iconographie chrétienne avant le xive siècle. En deux lignes d'inscription dans la bordure des médaillons, on peut lire : C<nu /nuisis set Mai'ia Muter Domino de apostolis. La formé des lettres a paru aux paléographes rire nettement mérovingienne, ainsi que la position horizontale de certaines lettres, qu'on rencontre identique sur certaines monnaies mérovingiennes.

Un autre monument laineux, et sur les origines duquel un n'est pas absolument tixé, est la célèbre toile brodée, impropremenl dénommée » Tapisserie de Baveux » (au musée . On y voit représentée la conquête de l'Angleterre par les Normands.

La tradition la plus établie l'attribue à la reine Mathilde, femme de Guillaume le Conquérant, morte en 1087. D'autres critiques ont prétendu qu'elle était l'œuvre de l'impératrice Mathilde, sa petite-fille, veuve en 112'i de Henri V, empereur d'Allemagne et épouse en secondes noces de Geolfroy, comte d'Anjou. Eu tous cas, acceptons la date des dernières années du xf siècle, car elle a été certainement faite sous l'inspiration de ceux qui avaient assisté aux événements qu'elle représente, et il a fallu sûrement plusieurs années pour finir de broder près 7(1 mètres de toile (63 mètres «le long sur 0"',50 de hauteur Le fond est une toile forte de lin sur laquelle on a brodé des personnages, des chevaux, des navires, en tout au moins 1.250 ligures, avec des fils de laine multicolores juxtaposés, et retenus par d'autres fils qui les croisent de distance en distance, point fort grossier qui se rapproche du point de chaînette Les couleurs des laines, assez bizarrement assorties, expriment à peu près les ellèls voulus. Des descriptions en latin intercalées expliquent que la reine a représenté la conquête de l'Angleterre par les Normands. L'histoire commence au moment où llarold quitte la cour du roi Edouard, elle se termine après la bataille d'ilaslings. C'est une véritable épopée à l'aiguille. Le dessin des figures en est d'une extrême grossièreté sans aucun art, mais d'une curieuse naïveté et pleine de vie; à cette date de la deuxième moitié du xi" siècle, à la comparer avec les broderies germaniques, elle indique déjà une sûre orientation vers l'observation delà réalité; à bien l'examiner, c'est sûrement une broderie à l'aiguille, faite en couchure de laines, et non pas une tapisserie, comme la tradition s est établie de la nommer.

Les croisades, qui, pendant plus d'un siècle, avaient remué toute

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