LES BRODERIES SOIS LOTIS XIII
emblème el d'une richesse extraordinaire. Le musée de Cluny a recueilli le dais, le parement d'autel de la chapelle du Saint-Esprit, et les manteaux des chevaliers. C'est certainement un travail exécuté a Paris.
Par lassitude des vêtements de velours sombre qu'on portait depuis un siècle, une réaction s'était produite en faveur des brocards et des brocatelles à ramages. Les dépenses folles des grands seigneurs ne diminuèrent pas. Malgré la simplicité d'Henri IV et de son ministre Sully, les élégants affichaient dans les cérémonies publiques un luxe inouï. Bassompierre, dans ses mémoires raconte qu'il lit faire pour le baptême de Louis XIII, un habillement de drap d'or à ramages brodés de perles qui lui coula 8.000 écus de perles, et 6.000 écus d'étoffe et de façon. Ce qui ne fait pas moins de 160.000 francs. Henri IV dut réagir, il lança plusieurs édils contre les « clinquants » et les « dorures » L'édit le plus important fut celui de Louis XIII en 1U29, « règlement sur les superlluités des habits », limitant les dépenses du costume, en même temps que celles de la laide.
Mais ces édils ne \isaienl que les habits de cour : la production des vêtements religieux demeura aussi considérable, et le roiLouis XIII luimême commandait en 1619 à Alexandre Paynel, son brodeur, de superbes ornements brodés, pour être offerts à l'église du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Les ornements brodés donnés par Louis Xlll et par ses successeurs à la cathédrale de Reims, v existent toujours, et font le plus grand honneur à la broderie parisienne. Dans une chasuble donnée à 1 église Saint Réinv de Reims, au centre de la croix, un tableau d'or nué procédé qui était alors bien rarement employé, d'une très grande finesse, montre saint Rémi recevant la sainte Ampoule.
Sous Louis XIV le luxe déployé à Versailles dépassa tout ce qu'on avait vu jusqu'alors Le roi avait lui-même plusieurs brodeurs attachés i sa personne, et dont on retrouve les noms mentionnés dans les comptes. Mais il en entretenait d'autres qu'il avait l'ait installer aux Gobelins, àcôté des ouvriers en tapisserie. C'étaient Simon Fayette et Philbert Ralland, chargés île broderies tentures, portières, rideaux et meubles ; le premier avail la spécialité des ligures, et le second des paysages. On trouve constamment leurs noms mentionnés dans les Comptes des bâtiments du Roy, publiés par M. Guiiïrey. Les dessins employés pour ces beaux tissus avaient tous une grande allure, noblesse d'altitude dans les personnages représentés, richesse de l'ornement floral, savant arrangement des motifs symboliques, comme le soleil royal el les trophées. Toutes ces somp-