TECHNIQUE
En limitant le terme de « tapisseries », comme nous l'avons dit, aux procédés de la basse et do la haute lisses, il nous reste à expliquer brièvement ce que sont ces deux techniques. Nous confondrons les deux procédés de la liasse lisse ou travail sur un métier horizontal, et de la liante lisse ou travail sur un métier vertical, parce qu'en fait il est extrêmement difficile de rendre par des mois les détails techniques d'un pareil travail; l'appelons seulement que la tapisserie de haute lisse s'exécute sur un métier composé' de deux cylindres horizontaux (ensouples) reliés par de solides montants de chêne verticaux, et que ces deux cylindres portent tendus verticalement un ensemble de lils qu'on nomme la chaîne. Ces lils sont divisés en deux nappes distinctes, lils impairs et lils pairs, ces derniers formant la nappe d'arrière, les deux nappes étant séparées par un grand bâton de verre. Chaque lil d'arrière porte une cordelette munie d'un anneau qu'on nomme lisse, et qui est à portée de la main. Tous ces anneaux passés dans une même perche peuvent être ainsi ramenés en avant, et dans ce mouvement l'ouvrier armé de la broche chargée de laine on de soie, opère le croisement de La chaîne avec la trame dans des mouvements successifs d'allée et venue, qui ont pour but de couvrir les lils de chaînes d'après un dessin du sujet préalablement tracé' sur cette chaîne.
L'intérêt qui s'attache à un travail de ce genre est manifeste. C'est une exécution à main humaine, traduisant par des moyens personnels et originaux une œuvre proposée, alors que dans le tissage mécanique, la machine répète aveuglément le même motif. De plus le tapissier conserve une liberté d'interprétation qui ne doit pas faire de lui un servile copiste. Aux époques où cet art fut le plus dignement pratiqué', il traduisait, transposait, le carton qui lui était soumis, et en tirait quelque chose