S LES CORPORATIONS DE TAPISSIERS
qu'ils se faisaient admettre chez les tapissiers nostrez, dont le règlement était le moins sévère, pour exercer librement leur profession.
Les statuts des tapissiers sarrasinois, dont le groupement en corporations daterait de la fin du xiu' siècle, sont confirmés par Pierre le Jumeau, garde de la prévôté de Paris en 1290, et il n'y est encore nullement question des tapissiers de la haute lisse. C'est seulement dans une addition datée du Ht mars 1303, qu'apparaît pour la première fois ce mot « de haute lisse », a dix ouvriers de la haulte lisse s' engageant pour eux el pour tout le commun de leur mestier », si bien qu'il n'y a plus qu'une seule communauté, ci les maitres et marchands tapissiers de haulte lisse. sarrasinois et rrntraiture ».
Pans toute discussion archéologique, deux sources d'informations doivent être utilisées tour à tour: les textes écrits et les monuments, e'esl-àilire pour ce qui nous intéresse, les documents et les fragments de tissus encore existants. Pour les textes écrits, nous avons vu avec quelle prudence iloil être interprété le terme « tapisserie >.. De plus les textes sont très rarement contemporains des monuments dont ils parlent ; autre motif de ne les point admettre les veux fermés. Nous voulons bien citer comme les autres historiens de la tapisserie quelques-uns de ces textes, mais sans en tenir un compte autrement rigoureux.
Sachons donc que, dès la fin du vme siècle, Radon, abbé de Saint- Yaast, près Arras, reconstruisant son église, y lit faire des magnifiques tapisseries, — et un cartulaire du temps de l'abbé .Martin I"r, dans la deuxième moitié du \u siècle donne l'inventaire de nombreuses tentures; — d'après l'abbé Lebceuf, que saint Angelme, évêque d'Auxerre, aurait fait exécuter vers SiO un grand nombre de tapis pour son église; — ■ qu'au xe siècle, vers 985, l'abbé Robert, à l'abbaye Saint-Florent de Saumur, aurait acquis ou fait fabriquer des lapis de laine, et qu'en 1133, un abbé île cette même abbaye, Mathieu de Loudun, aurait enrichi le chœur de son église de tentures représentant les vingt-quatre vieillards de l'ApocaK se, et la nef de panneaux où des bêtes féroces étaient représentées; -qu'au xie siècle, en France même à Poitiers, il aurait existé une manufacture de tapisseries qui auraient été des plus appréciées, puisqu'un évêque italien, en 1U2.">. aurait chargé Guillaume, conte de Poitou, de lui expédier un lapis ci tapetum mirabile : — un peu plus lard, un abbé' de Saint Riquier, Jervin qui gouverna l'abbaye jusqu'en 1075, achetait ou commandait des tentures pour orner son monastère. — Un document de 1464 parle enfin d'i tenture ci Cortina sentapecium ». qui était alors