‹ Les arts du tissuChapitre 121 sur 280 · LES CORPORATIONS AU MOYEN AGE · texte numérisé non relu

LES CORPORATIONS AU MOYEN AGE

(ration qui consiste à le considérer comme l'initiateur du monde occidental à ce point de vue particulier. Il est du reste une époque où l'on conçoit 1res bien que l'influence considérable de l'Orient sur l'Occident ail bien pu s'étendre à celte branche de l'art industriel, c'esl l'époque des croisades. Les croisés étaient partis de pays encore endormis dans la barbarie, où seuls les couvents avaient continué à pratiquer les arts décoratifs, derrière leurs murailles fortifiées. Quand ils revinrent, ils apportaient avec eux des idées nouvelles, et de nouvelles laçons de sentir.

Et tout d'un coup s'accomplissait alors une grande révolution sociale, l'affranchissement îles communes, et le réveil de l'espril municipal. L'absence des seigneurs servit beaucoup au succès îles revendications communales. Les chartes d'affranchissement lurent vite conquises, et il fallut alors en préparer la défense. Ce furent les corporations qui, en se constituant, s'y prêtèrent. Elles s'organisèrent, et soucieuses avant, tout de vivre et d'agir, elles ne se préoccupèrent pas de fixer par écrit leurs règlements. La rédaction du livre îles Métiers ne date que du règne de saint Louis, et il n'est pas douteux que ce fut bien antérieurement que s'élaborèrent les statuts de ces communautés ouvrières. Peu importe d'ailleurs qu'elles se soient, constituées au début du mouvement communal ou plus tard : ce qui est certain c'est qu'elles existaient bien avant le règne de saint Louis, et que la corporation de tapissiers en particulier était puissante et respectée au commencement du xi\' siècle; et cependant nous ne connaissons rien des essais, des luttes qui nécessairement ont précédé la constatation officielle de sou existence. Le plus ancien document corporatif qui concerne les tapissiers en France est. le livre des Métiers d'Etienne Boileau, prévôt des marchands de la ville de Paris, rédigé vers 1230, publié' par Depping en 1 837, el par Lespinasse el Bonnardol en INT'.t. On y trouve, à côté de tous les autres ouvriers du lissu, mentionnés les tapissiers « sarrasinois » el les tapissiers « nostrez ». Jusqu'ici on n'a jamais bien défini ces deux termes; sarrasinois semblerait s'appliquer, d'après l'opinion généralement admise, aux tapis velus à la façon ■ les Orientaux, tandis que nostrez désignerait les lapis ras I n tapissier du xvue siècle, Pierre Dupont, prétend que l'a il de fabriquer ces tissus aurait été révélé aux artisans français par les Sarrasins faits prisonniers par Charles .Mai-tel en 726 ; quant aux tapissiers nostrez, d'après un document de 1756 cité par Qavard, il semble bien qu'il veut dire ici « noires. indigènes, nationaux ».

Aucune mention des tapissiers à la marche; ce qui semblerait indiquer

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