TENTURE DU COURONNEMENT DE CLOVIS A REIMS
Certains détails du costume et du mobilier relevés dans celte tenture ont paru à quelques historiens, M. liuill'rey entre autres, contredire la tradition, et indiquer, une date postérieure à la mort de Charles le Téméraire; ce fut aussi l'avis de M. Boyé (mémoires de la société archéologique lorraine 1904] qui L'a crue du XVIe siècle. Mais alors, si elle était postérieure à celte date, elle ne pourrait plus être attribuée à un atelier d'Arias, la ville ayant été ruinée par Louis XI quand il la prit. D'ailleurs nous verrons qu'un autre historien, M. Soil, penche à l'attribuer aux ateliers de Tournai.
Très remarquable est une tapisserie de la cathédrale exposée à Saragosse en 10(18, que M. E. Bertaux a pour la première fois décrite (Gazette des Beaux-Arts, mars 1909), ayant trait à l'histoire de Bratus, le héros légendaire, qui aurait donné son nom à la Grande-Bretagne, et appartenant sans doute à une suite de trois; on y voit représentées des nefs voguant, chargées d'hommes d'armes. Tapisserie d'une grande richesse de tissu et de coloris, et dont le sujet, emprunté au récit anglais de Georges de Monmouth, laisserait supposer qu'elle a pu être exécutée pour la princesse anglaise d'York qui épousa le Téméraire en I i(>8
La cathédrale de Reims conserve une des plus précieuses tentures qui nous soient restées de cette époque, puisqu'elle servit, comme nous l'avons dit plus haut, à décorer une des salles du festin, à l'occasion des noces de Charles le Téméraire ; c'est la tenture dit du Couronnement de Clovis. Faisant partie du mobilier de la maison de Bourgogne avant 1468 date à laquelle elle ligure dans l'inventaire de .Marie de Bourgogne), elle devait sortir des ateliers d'Arras. Transmise par la tille du Téméraire à Charles-Quint, elle fut trouvée dans les bagages de l'Empereur, après la levée du siège de .Metz. Elle échut alors, dans le butin, au duc François de Guise, et par la suite fut offerte par Charles de Cuise, cardinal de Lorraine, à la cathédrale de Reims.
Celte tenture, dont on peut suivre les vicissitudes pendant quatre siècles, est un de nos monuments les [dus vénérables. Elle comptait six pièces en entrant à la cathédrale. Elle n'en avait plus que trois eu 1840, quand elle fut dessinée par M. Leberthois, et un morceau a disparu depuis. Les deux pièces qui subsistent représentent : la première le Couron nenient du roi et la prise de Soissons : la seconde la Fondation des églises Saint-Pierre et Saint-Paul, la victoire sur Gondebaul el l'histoire du Cerf merveilleux. Au point de vue artistique, et comme étude des costumes,