DISPARITION 1>ES ATELIERS D ARRAS A LA MORT DU TEMERAIRE
ces deux pièces sont d'une importance capitale. Les combattants y portenl tous l'armure bourguignonne du milieu du xve siècle, et les défenseurs de Soissons repoussent l'attaque avec des bombardes qui étaient évidemment en usage dans l'artillerie de Philippe le Hou. Quïcherat a d'ailleurs proposé la date de 1440, axant ingénieusement remarqué que Clovis y porte les traits de Charles VII.
De la même époque, et (lu même style semblent bien être deux tentures du musée de Cluny. l'Enfant prodigue n" 1689) et l'Espoir en la
bonté de Dieu (n° 1690).
Parmi les tentures dont mention reparaît le plus souvent dans les comptes de la trésorerie de Bourgogne, il en est une dont il semble qu'on ait pris un soin infini. Elle représentait le roi de France au milieu de ses douze pairs. Serait-ce la pièce que Jean Cosset avait exécutée pour Philippe le Hardi ? Montfaucon. dans ses monuments de la monarchie française, a reproduit une tapisserie représentant le couronnement de Charles VI au milieu de ses pairs, qui était alors conservée dans la chapelle impériale à Bruxelles. Mais l'image qu il en donne est si dénuée du caractère de l'époque, qu'elle ne peut être considérée comme un document. On peut admettre néanmoins qu'elle provenait (les ducs de Bourgogne, comme tant de trésors transmis à Charles-Quint par Philippe le Beau.
La mort de Charles le Téméraire fut le glas des ateliers d Arias : leur destinée était trop intimement liée à celle de la maison de Bourgogne. La prise de la ville par Louis XI (4 mai I i~7 est une date capitale pour l'histoire de la tapisserie dans les Flandres Le vainqueur fut impitoyable. Les citoyens durent abandonner leurs foyers, et furent remplacés par des colons amenés de force du dehors. Il substitua même au vieux et glorieux nom de la cité celui de <• Franchise », nom dérisoire. Ce n'est plus qu'il de rares intervalles qu'il sera dorénavant question de hauts lissiers à Arras.
Peut-être, avant de (dore ce chapitre, pourrions-nous rapprocher de ces tapisseries, que de fortes présomptions nous autorisent à supposer faites dans I Artois pour la maison de Bourgogne, quelques autres qui, jusqu'ici, furent mal étudiées, et que, faute de certitudes plus grandes, on a baptisées flamandes. Telle est une tapisserie qui fut exposée à Paris à l'exposition rétrospective de 1900, où elle avait été prêtée par M. Welghe. Très sombre, vins éclat, elle n'avait pas été remarquée comme «die le méritait. Le sujet eu était assez difficile a préciser. On a proposé d'y voir le siège deJérusalem par Titus Au milieu d'une composition extrêmement loutlue,