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LES ATELIERS D ENGHIEN

C'esl pour des raisons d'un ordre analogue qu'on pourrait attribuer à l'École des miniaturistes de Gand les cartons de deux petites tapisseries infiniment précieuses de matières, soie e1 or, la Sainte famille de la collection Spitzer Vol. I, n" 2 et la Vierge et l'Enfant de la collection Martin le Roy [J. Marque i de Vasselot. (vol IV. [il. VI). Comme on pourrait aussi attribuer à un atelier de Louvain, travaillant tout à fait dans le style de Thierrj Bouts, l'admirable petite tapisserie soie et or représentant la Crucifixion, de la collection Martin le Roy .1. Marquet de Vasselot, I. IV. pi. Y .

Audenarde, procbe de Tournai, ne devait pas larder, des le début du \\ siècle, ii donnerun certain développement à une industrie qui réussissait si bien tout près d'elle.

C'esl au docteur Van der Meersch qu'on doit tous les renseignements sur Audenarde, recueillis par lui au cours d'une vie de recbercbes d'archives. Toutes ses notes manuscrites ont été léguées par lui à l'Académie rovale de Belgique, où M. Pinchart a pu les classer et en extraire les indications utiles. Si les tapissiers hauts lissiers existaient antérieurement à Audenarde, l'existence de leur corporation n'est constatée légalement qu'en 1441, et mi ne trouve guère traces de commandes importantes durant le x\" siècle; les comptes île la maison de Bourgogne sont muets au sujet d'Audenarde.

Vers Kit."., un fait important à noter est la découverte à Audenarde d'un nouveau procédé chimique pour teindre les laines et les soies, et en particulier celles destinées à faire des verdures. De nombreux textes parlent alors de tapisseries à verdures faites selon l'ancienne façon d'Audenarde. Comme l'ordonnance qui se proposait d'assujettir les villes \uisiiies au nouveau procédé de teinture les gênait, leurs réclamations auprès de leurs baillis sont des plus intéressantes. Elles semblent bien nous confirmer que ces innombrables tentures dites verdures, qui durant le \\i siècle inondèrent les marchés d'Europe, dont tous les châteaux étaient ornés, eurent leurs prototypes anciens fabriqués à Audenarde.

M. Destrée a consacré un bon travail aux ateliers i'Enghien, où Marguerite d'Autriche acheta heaucoup de tapisseries. C'est à Enghien que Pierre van Aelsl était établi, ainsi que Jean Mustan un des premiers fournisseurs du roi Henri \ III d'Angleterre. Une tenture d'Enghien a été identifiée, Samson et Dalila, grâce à la marque d'Enghien. bien précisée par .M Destrée.

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