L ORDONNANCE DÉCORATIVE EN ROUES
les portent, grâce aux costumes des personnages, qui sont bien véritablement byzantins.
L'art byzantin ne se contenta pas de reprendre des théines antiques et de les interpréter à sa manière. Où il se montra véritablement créateur, c'est quand ii chercha à donner le premier aux conceptions chrétiennes une physionomie bien marquée, originale et puissante. Les artistes byzantins lurent frappés de certains caractères dominants du christianisme, la splendeur de la religion triomphante, la majesté divine, le rôle protecteur des saints, el ils se sont attachés à les exprimer avec force.
[ci 1rs textes, le Liber pontificalis entre autres, nous indiquent, avec abondance, la quantité de tissus à sujets religieux qui étaient sans doute destinés à l'Eglise. Les sujets de leur décoration étaient surtout empruntés à l'Histoire Sainte, à des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament, el particulièrement à la vie île Jésus. Ce fut surtout sur les admirables tissus brodés, que nous retrouverons un peu plus loin, que de semblables thèmes nul été développés, alors que les étoffes de soie tissée n'en offrenl que de rares représentations.
A ces deux influences, antique et chrétienne, qu'avait subies l'art byzantin, en étaient venues s'ajouter d'autres très impérieuses, qui venaient de l'Orient, de la Syrie ou de la l'erse, avec lesquelles Byzance entretenait de si intimes relations de politique ou d'affaires; de là lui vint cette tendance à rendre d'une manière conventionnelle tous les détails de l'ornement, en altérant les motifs fournis par la nature el en imaginant des types artificiels, des Heurs bizarres, des animaux fantastiques. — Dans les tissus, l'ordonnance décorative est presque toujours formée de roues isolées ou tangentes, de bandes horizontales limitées par des lignes, de compartiments géométriques, et quelquefois, mais plus rarement, de semis. Dans ces divisions du champ intervient le décor continu de griffons, de basilics, de licornes, de paons, d'aigles, de canards, de buffles, de léopards, de tigres, de lions, d'éléphants — ornementation bizarre qui venait bien de tout cet (trient asiatique dont les étoiles avaient joui déjà d'une vogue si grande durant les temps antiques.
Après avoir Gxé les caractères généraux du décor des tissus de soie sortis des ateliers byzantins, tâchons d'en opérer le classement. El examinons d'abord :
1. Le groupe de ceux qui offrent cette représentation de la Course de char, du quadrige, dont les Romains avaient transmis le goûl aux Grecs du Bas-Empire.