LES SUITES DES TENTURES HE LA MAISON ROYALE D ESPAGNE
pathétique de Rogier Van der Weyden ce qu'un cantique de Gounod peut êtrepar rapport à un motel < 1 li vieux maître Vittoria.
|)t-^ premières années du xvie siècle paraissent être deux suites prêtées par le baron d'Hunolstein à l'Exposition des Arts décoratifs de 1 880, quatre pièces d'une suite des Vertus et des Vires, et trois de l'histoire de Psyché. Les scènes allégoriques y sonl mêlées aux épisodes tirés de l'histoire sainte, et les noms des personnages marqués au-dessus d'eux permettent fort heureusement de s'y reconnaître. Darcel, qui put alors les étudier, crut pouvoir 1rs attribuer à la fin du xve siècle. M. Guiffrey pense avec raison qu'on peut les rajeunir, ri les dire contemporaines du règne de Louis XII.
D'admirables spécimens de cet art sont encore les quatre pièces du musée Richard Wallace, Triomphe de Béatrice, Mariage de la princesse el du roi Oriens, Siège du Château d'Amour, Scène du Roman de la Rose, où le style du dessin et la beauté décorative ne le cèdent pas à la richesse du tissu.
.Mais rien n'égale pour la beauté et la richesse de la matière, les suites incomparables de tentures de cette époque que possède la Maison royale d'Espagne, qui lui ont été transmises par les successeurs de Charles- Quint, et dont le comte de Valencia, vivant au milieu d'elles, a fait l'étude de toute sa vie. Ce qui caractérise toutes ces suites c'est la symétrie et la plénitude des sujets, dont les compositions abondantes ont encore quelque chose du siècle précédent : la surface murale doit être couverte d'un grand nombre de ligures qui la meublent, moins pressées toutefois qu'un siècle auparavant. La richesse des costumes y est extraordinaire ; mais tout s'est assoupli, les robes à traînes y ont des plis souples, lesfemmes sont infiniment gracieuses, tous les visages sont sans rudesse. <>n a souvent prononcé le nom de Mabuse, el surtout celui de Quentin M;il^\^. Il est évident que le grand peintre de Bruxelles dut alors exercer sur l'ail îles hauts lissiers une influence analogue à celle de Van der Weyden trente ou quarante ans auparavant : partout on retrouve sa 11101bidesse, son charme alangui, son art détendu. L'une des plus magnifiques séries esl celle, en quatre pièces, de la Passion (Jésus-Christ au jardin îles Oliviers, la rencontre de .lé>us ri de Marie au Calvaire, la Crucifixion, la Descente de Croix . achetée en 1520 a Bruxelles au célèbre haut lisseur Pierre de Pannemalcer par Marguerite, gouvernante des Pays-Bas; cette princesse la légua à son neveu Charles-Quint en 1538. Le caractère des ligures admirables a éveillé la curiosité des historiens. Quant à l'auteur