LA TENTURE DES ACTES DES APOTRES D APRES RAPHAËL
artenir aux mêmes ateliers qui firent les tapisseries de Madrid, de
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que les deux de la collection Spitzer, si précieuses et si fines, avec des
•j:!S INTERPRETATION DES CARTONS DE RAPHAËL
scènes de la vie de la Vierge, divisées on coni]>;ul iniciits par des colonnes \ . Les Arts anciens de Flandre, de Tulpinck, 1er vol., 1905. A. Thiéry). Peut-être un peu plus avancée dans le xvie siècle serait une petite tapisserie extrêmement fine léguée au musée du Louvre par le baron Davillier, et représentant le Christ en jardinier apparaissant à la Madeleine dans un parc.
Très gothique encore et infiniment intéressante pour les renseignements iconographiques qu'elle nous donne est cette tapisserie <• de l'Histoire de la statue miraculeuse de Notre Dame du Sablon » au inusée de Bruxelles, commandée en 1518 par François de Taxis, maître des postes cl qui est passée parla vente Spitzer. Encore bien gothique par l'ampleur des draperies et la cassure anguleuse des plis, d'une disposition très Renaissance avec sa division par les eolonnettes. elle a l'intérêt d'un sujet tout contemporain où l'on peut chercher les portraits de Charles- Quint, de Maximilien, de François de Taxis ; leur scrupuleuse ressemblance en t'ait un document historique de premier ordre. L'origine bruxelloise est bien certaine, si l'on envisage le sujet, la qualité du premier possesseur, el la date même. C'est d'un caractère tout semblable qu'est la merveilleuse tapisserie déposée au musée Kensington par M. Pierpont Morgan, qui l'acquit de M. Chabrière, représentant l'adoration du Père Eternel, d'une préciosité de lissu incomparable. On a dit qu'elle avait peut-être appartenu à Mazarin, puis à son neveu M. de Villars. Flic se trouvait au château des Aygalades où la vit Millin au début du xixe siècle.
L'événement capital de la fabrication bruxelloise lut sans conteste l'exécution de la célèbre tenture des Actes des Apôtres, d'après les carions
de Raphaël : il y cul la com une révolution dans les traditions flamandes
Jusque-là les tisserands n'avaient jamais travaillé que d'après des cartons créés par des artistes qui étaient leurs compatriotes, avec qui ils étaient eu parfaite communauté d'idées. Voici que tout à coup l'Italie impose à la Flandre sa conception particulière d'un art qui n'était pas né' chez elle spontanément. Les Flamands avaient bien commencé déjà à subir l'impérieuse influence de la beau lé' ultra montai ne. mais ils ne s'étaient jamais astreints à la copie servile. Gardant leur liberté d'interprétation, les baul lissiers apporlaienl à l'exécution bien [dus ou bien autre chose que le dessinateur n'y avail mis: dans tous les cas. le dessinateur n'avait travaillé que dans le même esprit, el pour le même idéal décoratif que le tisserand. Kl \ < > i <• i qu'il l'a ni maintenant à l'ouvrier se plier aveuglément