LA FAMILLE DES PANNEMAKER
avail appris de recettes à l'Ecole italienne. Il délaisse les vastes compositions historiques ou philosophiques, dont on avait fait à ses yeux le but dernier de l'arl décoratif. Il ne cherche qu'à rendre décorativement les sites nationaux de la forêl de Soigne, les types et costumes de son pays, en évitant de les idéaliser. De même il prend peu souci delà composition type, mais laisse aller sa fantaisie, et ne croit pas son œuvre manquée s'il dresse au premier plan de sa composition un personnage grandeur nature, alors que la scène principale se déroule aux derniers plans en tout petits personnages. Il ne redoutemême pas la Laideur, du moment qu'elle a du caractère, cl cela est bien flamand : les chiens courants n'y sont pas d'une forme épurée. Van Orley eut pour collaborateur le tapissier bruxellois François Geubels, artiste d'un grand talent. Chacune des douze pièces qui composent cette suite porte un signe duzodiaque dans la partie supérieure, et correspond ainsi à un mois de l'année. Elles ont longtemps décoré la demeure que Henri de Guise, dit le Balafré, possédait sur l'emplacement île l'Hôtel de Clisson, devenu de nos jours le Palais des Archives Nationales, et sont entrées depuis, dans un étal merveilleux, au Musée du Louvre, où il faudra bien un jour qu'on les expose dans une galerie triomphale
La renommée des Chasses était encore grande cent cinquante ans après, puisque les ateliers des Gobelins furent chargés de les exécuter en hautes et basses lisses, si bien qu'on a pu quelquefois les confondre. La salle à manger du château de Chantilly est décorée de plusieurs panneaux de celle suite, exécutés vers 168o aux Gobelins, par Jean de la Croix, tapissier de basse lisse.
Nous avons rencontré déjà plusieurs fois le nom de Pierre de Pannemaker, auteur de quelques-unes des plus belles tentures que le Palais Royal de .Madrid a reçues de Charles-Quint. Cette famille contrebalança longtemps à Bruxelles la renommée de Van Aelsl et de Geubels. Les commandes dont l'honoraient les souverains des Pays-Bas sont une garantie du talent consommé de son chef; il avail reçu le titre de tapissier de Madame.
I u ileses descendants, Guillaume de Pannemaker, reçut, le 2(1 février 1549, commande (l'une des plus belles suites qui soient sorties d'un atelier de Bruxelles, celle de la Conquête de Tunis par Charles-Quint. Les matières les plus précieuses devaient être mises en oeuvre : l'Empereur lui-même se réservait de fournir le lil d'or et d'argent, et un de ses