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LA FAMILLE DES PANNEMAKER

agents, Chaussarl, séjourna à Grenade deux ans et sept mois pour surveiller la fabrication des soies. Le maître tapissier s 'était engagé à occuper constamment à chaque pièce sept ouvriers, soit en tout quatre-vingtquatre. L'œuvre entière en douze pièces était terminée en cinq ans. le 2\ avril 1554, et après examen d'une commission déléguée par l'Empereur, Guillaume de Pannemaker fut amené à conduire les tapisseries en Angleterre, où on les embarqua pour l'Espagne. Elles n'ont jamais quitté depuis lors le Palais de Madrid; on en put admirer cependant quelquesunes ii l'Exposition de la Toison d'or à Bruges. Le dessin des cartons avait été confié au peintre attitré de Charles-Quint, Vermeyen, natif des environs de Haarlem, qui l'avait accompagné en Afrique en 1535, ce qui lui permit d'y apporter une certaine exactitude.

Une autre suite très importante fut aussi celle de la Bataille de Pavie, offerte par l'assemblée des Etals généraux des Pays-Bas à Charles-Quint en 1531, quand il rentra à Bruxelles, à l'occasion du plus récent triomphe remporté par ses armes. On y voyait la prise de François Ier, son embarquement pour l'Espagne, sa captivité à Madrid. Cette tenture orna longtemps le Palais de Bruxelles. C'est même dans la salle qu'elle décorait qu'on reçut en 1556 l'amiral de Coligny, quand il vint ratifier au nom île Henri II, la paix de Vauxcelles, au grand mécontentement de l'ambassade qui souffrit de ce manque de tact. Puis elle disparut, sans qu'on en ait conservé le moindre souvenir. Plus tard on proposa de les identifier avec une série de sept tapisseries, laines, soies et or, que M. Gentili retrouva dans le palais de Don Alphonse d'Avalos, prince de Pescaire, à Naples. Une indication importante a été fournie par M. Wauters, qui retrouva dans le testament de l'Infant don Carlos. Gis aîné de Philippe II, en date du l'.t mai 1564, une disposition de legs de « tentures or et soie représentant la prise du roi François 1". en faveur de son précepteur Don Ilonoralo Juan. Le dernier représentant de la famille d'Avalos, don Alphonse de Pescara, laissait celle suite au Musée de Naples par testament du 18 août 1862. Flics étaient demeurées enfouies dans des magasins jusqu'à ces jours, et ce n'est que depuis très peu de temps qu'on les a exposées. M. Wauters a très heureusement retrouvé le nom de l'auteur des cartons, c'est Bernard Van Orley, l'auteur des Chasses; et le musée du Louvre esl assez heureux pour en posséder les dessins.

La lin du mi et le \\n siècle voient les ateliers de tapisseries s'organiser un peu partout en Europe, grâce aux transfuges des fabriques

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