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I.I.S ATELIERS DE FLORENCE

d'Esté, et une série de chevaux. On peut lui attribuer aussi une jolie suite de Jeux d'Enfants appartenant au baron Wq.rms, dont une très belle pièce a été prêtée par M. Salling au Kensington Muséum.

Jean Karcher déploya dans son atelier une très grande activité; on ne compte pas moins de 25 tapisseries sorties de ses métiers en cinq ans. Son lils Louis, en même temps peintre et tapissier, lui succéda, mais la mort d'Hercule II porta un coup funeste à sa manufacture.

Au xvue siècle les magasins de la maison d'Esté renfermaient encore plus de 500 pièces exécutées dans l'atelier de Ferrare. ou importées de Flandre.

Des peintres célèbres ont travaillé pour l'atelier de Ferrare; Jules Romain y lit faire peut-être les Triomphes de Scipion, et le Combat des Titans. .Mais le peintre en titre de la fabriquefut le Ferrarais Battista Dosso, auteur de la Vie d'Hercule, des scènes des Métamorphoses d'Ovide, où le paysage joue un rôle si important et rend les tentures lerraraises si caractéristiques. C'est à Dosso qu'on doit les cartons des Mètamo7'phoses dont une pièce, la Métamorphose d'Aréthuse est entrée au musée des Gobelins sous la direction de Darcel. Un autre peintre. Engelbrecht, dit Lucas de Hollande, travailla aussi pour la manufacture.

Les métiers de la haute lisse ne tirent leur apparition à Florence qu'assez tard, en 1546, mais ils v prirent de suite un remarquable essor. Poussé par l'exemple de la maison d'Esté, le duc Cosme Ier, en 1537, résolut de doter Florence d'une manufacture capable de lutter avec celle de Ferrare. L'Arazzeria-Medicea dura autant que les Médius, c'est-à-dire jusqu'en 17^7. date à laquelle le> ouvriers licenciés furent engagés pour organiser un atelier près de la Cour des Bourbons de Naples, ainsi que l'a démontré le colonel d'Astier

La manufacture eut pour fondateurs les deux plus habiles artistes venus des Pays lia- : Jean Roost el Nicolas Marcher. Le duc s'engageait à leur fourni]- un local, à leur verser à chacun 600 écus d'or par an : il leur permettait de travailler pour le dehors, mais s'engageait à leurpayer ions les travaux faits pour sa maison. Roost et Karcher devaient installer 24 mclier.-. dont 12 en marche, el former des apprentis. Roost signait ses œuvres dune sorte de rébus un gigot rôti . Karcher avait l'habitude il inscrire ses initiales au bas de chaque Lenture.

Grâce aux archives presque intactes de la manufacture, M. Conti a pu dresser une liste à peu près complète des tapisseries duesà celle collabo-

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ration. Un des p'eintres qui fournirent au duc les jilus nombreux cartons, fut le Bronzino. C'est lui qui composa en grande partie l'Histoire de Joseph en 20 pièces, qui est sans doute le chef-d'œuvre «le Roost et de Karcher. Elle n'aurait pas coûté moins de GO. 000 écus d'or. La plupart des panneaux sont tendus dans les salles du Palazzo Yecchio. Le Bronzino avait fait encore une suite du Parnasse, et une de Marsyas.

En 1550, Roost travaille pour la vieille basilique de Venise à la tenture de l'Histoire de saint Marc, dont les cartons étaient de Jacopo Sansovino. Salviati de son côté, fournissait les cartons d'un Ecce Homo, d'une Pieta, d'une Lucrèce, d'une Histoire d'Alexandre, et il Bachiacca y composait ces aimables tentures décoratives des Douze mois et des Grotesques.

Dans toutes ces tentures se manifestent une affectation, une pompe théâtrale, qui. du grand style des époques précédentes, n'étaient plus que les reflets. Mais ensuite c'est l'irrémédiable décadence, surtout avec un certain flamand, surnommé le Stradan, qui fut le pourvoyeur attitré de la fabrique jusqu'au commencement du xvu' siècle. Sa production folle, d'une prolixité navrante, est la plus pauvre d'inventions, la plus vide d'intérêt qu'on puisse rencontrer.

Il est quelquefois assez difficile, en l'absence de documents attestant l'origine d'une tenture, de dire avec précision si elle a été exécutée au xvie siècle en Flandre ou en Italie, car à la fin du xve siècle, les Italiens ne cessaient d'envoyer dans les Flandres des cartons destinés à être traduits en haute lisse. Les cartons de Raphaël avaient déchaîné un grand enthousiasme et nous savons qu'un Médicis chargeait son correspondant, Thomas Portinari, de faire exécuter des tentures à Bruges sur des cartons peints à Florence

La /npissrrir en Espagne. -- A-t-on fait des tapisseries en Espagne? Bien que Davillier l'ait affirmé et que selon lui des ateliers aient existé en Navarre et à Barcelone dès le début du x\c siècle — et qu'Eug. Muntz ail répété cette affirmation — cependant Riano a déclaré qu'aucun document n'en donnait la preuve pour le moyen âge.

C'est seulement bien plus tard que Pedro Gutierrez, protégé par Philippe II. ouvrait un atelier à -Madrid, dont Antonio Ceron devait reprendre la suite. C'esl cet atelier de Céron (dit de sainte Isabelle , dont Velasquez peignil un coin dans le laineux tableau îles Fileuses — • mais qui ne put durer longtemps.

I n autre atelier, de Santa Barbara, eut connue premier directeur, engagé-

T.,, ; , ■ ■■ . M'',|"■ Laurent.

raP^ned après un carton de Goya. Atelier espagnol .

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