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I.A COMPOSITION DES TENTURES FRANÇAISES DU XV SIECLE

perse plus dans les détails accumulés,, mais se résume et se condense. Dans les tentures religieuses^ si le but est toujours décoratif, il s'y môle sûrement d'autres visées. Parallèlement se développait un art Imil civil, où la fantaisie était toul à fait indépendante d'influencés extérieures, et qui a produit des tentures où 1rs détails de la nature, observés avec une finesse attentive, étaient rendus avec une rare sûreté et une scrupuleuse fidélité. Déjà on cherchait à narrer par le tissage des sujets de romans ou de chansons, comme dans cette jolie tenture du musée de Padoue, reproduisant un des épisodes d'une chanson picarde a les lils de Fromont », de Jourdan de Blaj e.

.Mais ailleurs le tapissier ne pouvait échapper aux lois rigoureuses que lui imposait l'Eglise, désireuse avant tout de résultats d'édification à l'égard des personnes pieuses. Les programmes étaient élaborés par les évoques, les chapitres, les gens d'église, tous très instruits. Nous avons conservé quelques-uns de ces programmes, d'une telle précision que l'artiste n'avait qu'à travailler sous leur dictée. Les sujets lui étaient fournis, ainsi que la façon de les composer et de les traiter. Un vieux manuscrit conservé' à la Bibliothèque de Troyes, et publié par M. Guignard en 1851 (Mémoires fournis aux peintres pour une tapisserie à Saint-Urbain de Troyes contient avec un luxe extraordinaire de détails, la description dune suite de tapisseries relatives à la vie de saint Urbain Le titre même ne laisse aucun doute sur l'espril dans lequel ce mémoire était conçu : Mémoire /mur l' ordonnance des histoires et mystères qu'ils seront contenus faits et portraits en une tapisserie où notamment se?'a démontré... C'est un vrai programme. En 1525, l'église de la Madeleine à Troyes, célèbre par ses vitraux et son jubé, voulut avoir des tapisseries représentant la vie de sainte Madeleine: IV. Didier, dominicain, lit un livre, c'est-à-dire un programme détaillé, et Jacquet le peintre, un petit patron sur papier; puis Poinsète, la couturière, et son ouvrière, assemblèrent des draps de lits, pour servir à exécuter les patrons peints par Jacquet. Le dominicain est sans cesse là pour surveiller les travaux.

Il est un certain nombre de pièces de ce dernier quart du xv' siècle pour lesquelles l'attribution d'origine a pu prêter souvent, non sans raison, a quelque hésit al ion . Elles ne cherchent à rappeler aucunement des souvenirs picturaux : le sentiment décoratif v esl absolu, la fantaisie amusante el naïve : on v sent une recherche originale du caractère des figures ei des costumes, un goût pour les détails familiers qui donnent de la saveur à la composition La nature apparaît stylisée dans le dessin des

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arbres, mais très vraie dans les premiers plans, avec cette flore si réaliste

prise à nos champs et à nos forêts, avec des petits animaux familiers. Les types des personnages el les costumes sonl à les rapprocher îles monuments de la peinture et de la sculpture, ou des manuscrits, si certai-

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