TENTURE DE NOTRE-DAME DE BEAUNE
à l'opinion assez récente de M. Destrée qui y retrouve plutôt le style de Quentin Matsys, si répandu dans les tapisseries de Bruxelles du xvi° siècle.
Saumur possède également de précieuses tapisseries, pour lesquelles nous avons des dates, et îles documents assurant qu'elles furent fabriquées pour des églises. A l'église Saint-Pierre, la Vie de saint Florent en .") pièces, avec ses légendes explicatives en quatrains français, est de 1324; la Vie de saint Pierre, en •'> pièces aussi, est de 1346. On a sur cette dernière tenture des renseignements précis ; les dessins avaient été exécutés par un peintre d'Angers, Robert de Lisle, et achevés par Jehan de Laistre ; et le tissage confié à un atelier de Tours, sans doute celui de JéanDuval, qui y jouissait alors d'une grande réputation. — A Notre-Dame de Nantilly, les Anges portant les instrument.-: de la Passion diffèrent un peu de ceux d'Angers, — deux pièces de l'Histoire de la Vierge sont datées de 1529, — la Prise de Jérusalem par Titus, et la Nativité.
Les tapisseries de Notre-Dame de Beaune (Côte-d'Or) doivent être considérées comme françaises, au même titre que le Puits de Moïse, un des plus glorieux monuments de la sculpture française du xv' siècle, tout en reconnaissant d un côté comme de l'autre, que les artistes auxquels nous les devons étaient de puis flamands attirés par l'éclat de la Cour de Bourgogne, niais qui apportèrent dans les travaux exécutés en terre française des qualités qu'on ne retrouverait pas dans les œuvres absolument flamandes du même temps. La tenture de Beaune raconte l'histoire de la Vierge en dix-sept tableaux de dimensions inégales, encadrés d'architectures, el qui forme une bande bien plus longue que haute. Dans un eompartimenl esl représenté le chanoine Hugues le Coq qui la lit exécuter pour l'église : il est agenouillé, en costume de chœur, et la face a tous les caractères d'un réel portrait. Dans un autre, où il est également représenté, se lit l'inscription : o C'est tapisserie fut faicte l'an île grâce mil Y » et au milieu « .S. Hugo abbas clunaciensis ». Pendant longtemps on n'alla pas plus loin : un nom et une date suffisaient. C'était déjà beaucoup, car les tapisseries datées son) rares (Je crois bien que nous n'avons rencontré que la Piscine probalique au Louvre [1486 . et la tenture de saint Gervais et saint Protais du Mans (1509). Mais depuis lors, les recherches de M.Joseph damier nul éclairé la question.
Le chancelier Rolin, sous Philippe le Bon. s'était retiré à Beaune en 1470 : un document des archives de la Côte-d'Or'contient un contrat de 1474 passé au nom du chapitre avec maître Pierre Spicre, peintre à Dijon pour o les patrons des Histoires de Notre-Dame^ à exécutera la détrempe,