CHAPITRE XII
L'ORGANISATION DES MANUFACTURES ROYALES EN FRANCE AU XVIe SIÈCLE
L'atelier île Fontainebleau. — Les ateliers de Paris, de la Trinité, du Louvre, des Tournelles et du Faubourg Saint-Germain. — L'atelier du Maincy pour Fouquet.
C'est au coins du x\T siècle qu'une grande transformation dans les conditions du travail allait exercer sur les ateliers français de la haute lisse une influence considérable. Je veux parler de la substitution des manufactures royales, entretenues par le .souverain, aux ateliers indépendants1. C'est peut-être à cette transformation que cette industrie, chez nous, a dû de traverser des temps difficiles et de triompher, alors que chez les peuples rivaux elle touchait à une irrémédiable décadence. Mais d'un autre côté, ne devons-nous pas déplorer un état de choses qui allait lui enlever toute indépendance, faire d'elle la source d'un art officiel, où c'est miracle qu'elle ait pu encore, avec quelques artistes tels que Boucher, se libérer de toute sujétion, et créer de si libres œuvres.
Atelier de Fontainebleau. — La première manufacture royale de tapisseries date de François Ier. Vers 1530-1535, il installait à Fontainebleau une fabrique qui occupe dès l'abord une quinzaine de maîtres tapissiers. Placée sous l'intendance du trésorier de Fiance, Philbert Babou, sieur de la Bourdaisière, et sous la direction de Sébastien Serlio, architecte italien célèbre, la manufacture avait pour mission de traduire les carions du Primatice. L'habile décorateur italien aurait, selon Sauvai et Felibien, donne'' plusieurs modèles d« tapisseries, des compositions d'arabesques où les sujets tiennent peu de place, et particulièremenl ceux d'une petite ten-
' Sur cette période de l'histoire de la Tapisserie en France, capital esl le travail de M. Jules GuilTrey. Les manufactures parisiennes de tapisseries au A l '/ siëi le. — Mémoires de la société de l'histoire de Paris, t. XIX, 1892.