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ATELIER DE FONTAINEBLEAU

ture de Scipion qu'il aurait, sur l'ordre du Roi, portés en Flandre en 1534. U avait pour collaborateur un graveur-orfèvre, un certain Matteo del Nassaro, de Vérone, qui aurait dessiné, dit Felibien, les cartons de deux tapisseries or el soie, en petits personnages, représentant les Histoires d'Actéon et d'Orphée. Felibien nous a conservé' également les noms des principaux ouvriers de l'atelier. Ce Philbert Babou, premier directeur de l'atelier de Fontainebleau, était natif de Tours. II s'avisa de doter sa ville natale d'une industrie qui avait fait la fortune des Flandres. M. de Grandmaison a retrouvé des documents par lesquels il est prouvé qu'une maison de Tours où était installée une manufacture de tapisseries portait le mini de petite Bourdaisi'ere, du nom de l'intendant de François I", et que Jean Duval et ses trois lils y avaient activement travaillé. Ils fournirent de tapisseries aujourd'hui disparues toutes les églises de Tours. Fur suite de ^Histoire de sain/ Jean (aujourd'hui dans une église de Saumur) correspondrait assez avec le signalement d'une suite semblable exécutée par Jean Duval.

Bien qu'on ne possède sur la durée de l'atelier de Fontainebleau que des données assez incertaines, il semble avoir continué ses travaux sous le règne de Henri II: Philibert Delorme en aurait eu la direction. Les trouhles qui suivirent la mort de Henri II. et le retour de la Cour à Paris, entraînèrent probablement sa suppression.

Il semble que les artisans placés à Fontainebleau sous la direction du Primai ire, aient fait particulièrement des compositions à rinceaux et à grotesques avec des arabesques, rappelant les charmantes fantaisies de Ducerceau. Un fragment de tenture de ce genre, avec un Bacchus, est passé avec la collection Emile Pevre au musée des Arts décoratifs. Et le musée des (iuhelins possède deux pièces presque intactes au milieu desquelles apparaissent Flore et Cybèle entourées d'enfants et d'animaux. M. Dimier, dans son étude sur le Primalice, reconnaît l'esprit du grand décorateur dans ces deux tentures, ainsi que dans celles de Neptune et de Bacchus possédées par le musée des Tissus de Lyon, toutes quatre faisant partie d'une môme tenture des Dieux, qu'on avait à tort attribuées à du Cerceau. Darcel avait remarqué que le principal élément de I encadrement consistait en deux croissants adossés, avec quelques ornements. <tn peut y trouver de plus le chiffre du roi enlacé avec les deux D cl les deux C, chiffres qui dissipent toutes les hésitations. Nous avons bien là une tenture tissée pour Henri II, et très vraisemblablement dans l'atelier de Fontainebleau.

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