L ATELIER DE LA TRINITÉ
Iphigénie, et la mort de Méléagre. Tous les éléments du cadre, croissant, arcs, carquois, têtes de cols ou de chiens, rappellent la divinité à laquelle la tapisserie est consacrée. Rien n'est plus riche et plus ingénieux que ces admirables bordures où éclate le génie décoratif français. On sent bien qu'alors Pliililiert Delorme avait dû remplacer les Italiens, et donner aux ateliers une excellente direction.
On peut voir à la Bibliothèque Nationale, dans le recueil précieux de Gaignières portant le titre Armoiries et devises, deux modèles de tapisseries qui représentent un l\ pe très courant de la Renaissance, mais dont il est resté fort peu de spécimens. Le premier, à caisses d'orangers, avec un écusson surmonté de la mitre, fut tissé pour François de Noailles, évêque de Dax -f- 1587 j l'autre avec salamandre, fleurs de lis et F couronnés, était sûrement destiné à François Ier.
Les ateliers de Paris. — ■ Pendant que travaillait à Fontainebleau l'atelier fondé par la volonté royale, l'industrie de la tapisserie de haute lisse n'avait pas disparu de Paris, mais elle y végétait assez obscurément. Quelques ateliers faisaient pourtant encore des travaux d'une certaine importance, tel relui de Pierre du Larrv. qui avait fait pour l'abbaye de Saint-Denis U pièces de la Vie du C/irist.
Henri H qui revenait se fixer à Paris, continuait toujours sa protection à l'atelier de Fontainebleau: mais il s'intéressait particulièrement aux artisans parisiens, et au lieu de les constituer en ateliers royaux, il se contenta de les subventionner, en leur laissant leur pleine initiative. Dès 1350, un certain nombre de ces métiers s'établissaient dans VHôpital de la Trinité, situé- rue Saint-Denis, sous la direction de Maurice Dubout. Le Parlement confirma les lettres royales de fondation de cette école de tapisserie le 12 septembre 1551, et elle devait avoir une assez longue existence, puisqu'on la retrouve vivant encore en plein xvne siècle. Vnv tenture de quatre pièces, en effet, représentant {'Histoire de saint Crépin et saint Crépinien, fut offerte en 1634-1635 à l'église Notre-Dame de Paris par la communauté îles maîtres cordonniers de la ville. Une des pièces, portant la date Ki3o, qui représente les deux saints, travaillant, puis martyrisés, est conservée au Musée des Gobelins.
Catherine de Médicis montra une sollicitude toute particulière pour 1 établissement fondé par le roi : elle était d'ailleurs assez sensible à l'art, comme le prouve celle suite célèbre de l'Histoire de Mausole et d'Arthémise, où elle se plut à faire célébrer sa douleur de veuve incon-