LA SOLLICITUDE DU ROI POUR L ATELIER DU LOUVRE
attribue formellement à râtelier du Louvre deux pièces exécutées suites carions de Simon Vouet, un Moïse sauvé des eaux, et une Histoire de Jephté. Elles sont demeurées longtemps ignorées au garde meuble national, jusqu'au jour où l'exposition de tapisserie organisée par M. Guiffrey en 1902 au Grand-Palais, les révéla au public. Ce fui un émerveillement, el l'on était loin de se douter que le peintre ennuyeux qu'est Simon Vouet eût pu réaliser un jour tes cartons si puissamment décoratifs de ces deux tentures. La dominante bleu pâle du Moïse sauvé des eaux, la splendeur de ce paysage aux grands arbres, la magnificence des étoffes enfont une des compositions les plus riches et harmonieuses qu'on puisse rêver. La tenture de la Fille de Jephté ne le cède nullement par la beauté de la couleur, jaune d'or dans une bordure bleu clair; les nuages légers qui flottent dans le ciel, la gaieté de l'atmosphère, en font quelque chose de joyeux, à la façon de Véronèse et de Tiepolo. Le Moïse sauvé des eaux a reçu au musée du Louvre un définitif abri ; la Fille de Jephtée orne un des salons du palais de l'Elysée. — Le musée des Gobelins possède encore de Simon Vouet un sacrifice d'Abraham el un Ravissement d'Elysée, et le garde-meuble un Samson au festin des Philistins. Deux autres suites de Simon Vouet m'ont été signalées au château de Champchevrier (série des Dieux, ou sujets de la fable) el au château de Cour-Cheverny (Loir-et-Cher). Il esl bien peu vraisemblable que l'atelier du Louvre n 'ail pas fait d'autres tapisseries que celles-là, et l'on peut supposer que nombre de pièces, désignées dans l'inventaire royal sous la dénomination vague de tapisseries de la fabrique de Paris, sont sorties de l'atelier du Louvre. Le Garde meuble ne possède aucune pièce d'une série de Renaud et Armide d'après Vouet, mentionnée dans l'inventaire du mobilier de la Couronne, et qui pourrait bien être les tentures de la collection Fenaille, ou de la collection Lemaire, qu'on vit à cette exposition de la tapisserie de 1902.
Un des avantages de l'atelier royal du Louvre sur les ateliers des Flamands des Gobelins, était la supériorité des modèles, grâce à la sollir il mie du roi qui lui déléguait un de ses peintres Henri Leramberg occupa le premier la charge Laurent Guvot, autre peintre du roi. spécialement délégué aux tapisseries, lit une suite de Gombaul et de Macé , dont il axait emprunté la donnée à îles compositions du xve siècle très populaires. De la série qui figure à l'inventaire du mobilier royal, une pièce a été acquise par le musée des Gobelins : elle porte la marque de Paris P suivi il une (leur de lis : très finemenl tissée, avec une large bordure, elle esl infiniment supérieure aux pièces analogues qui se trou-