ES TAPISSERIES SOUS LOUIS XIII
vent au musée Carnavalet <>u au musée de Saint-Lô, et qui pourraient bien avoir été fabriquées à Aubusson ou à Felletin. De Laurent Guyot était encore une suite du Pas/or Fido, d'après la Pastorale de Guarini
dont un spécimen a été retrouvé par M. Guiffrey au château d'Epinay. Sous le règne de Louis \\\\. en dehors îles peintres ayant travaillé pour les tapissiers que cite Félibien, on ne saurait oublier les imis grands maîtres, Le Sueur, Poussin, el Philippe de Champaigne. A F.e Sueur est due une Histoire de saint Gervais et saint Protais, destinée à l'église de Saint-Gervais qui. à la suite d'un procès, est rentr<
dans les magasins de
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la ville de Paris, Philippe de Champaigne avait traité en quatorze pièces îles Scèîies de la vie de la Vierge qui longtemps décorèrent Notre-Dame. Poussin, d'après Félibien, aurait fait une Cène pour l'autel de la chapelle de Saint-Germain, niais il semble bien qu'il ait travaillé non pas pour les ateliers delà galerie du Louvre, mais pour ceux de la Planche, au faubourg Saint-Germain, ou pour la première fabrique îles Gobelins
Ces brèves indications nous ont paru nécessaires, pour préciser le mouvement de l'industrie de la haute-lisse en France, aux premières années iln xwi" siècle, qui a précédé et préparé les voies à la manufacture des Gobelins On a été tenté, pendant trop longtemps, de prendre comme point de dépari île celle belle renaissance de la tapisserie, le règne de Louis XIV, et les efforts communs de Colbert el de Le Brun 11 y a eu auparavant toute une activité déployée dans des ateliers royaux ou privés qui produisit des œuvres d'une fraîcheur, dune originalité, d'un charme el d'une entente décorative qui n'uni guère été surpassés
Il ne faut pas oublier que c'est dès 1601 que François Verrier recevait 20(1 écus pour venir de Flandre s'installer en France, avec des ouvriers exercés. Il lit peu parler de lui. et disparu! assez vite. Henri IV avait tenu à ce que ses ateliers ne demeurassent pas vides, et il avait engagé d'autres flamands, Marc de Comans el François de la Planche. Des lettres patentes de 1007 contiennent les privilèges de quinze années qui leur étaient accordés par le roi. avec défense expresse d'ouvrir des manufactures concurrentes. Défense également d'introduire des tapisseries étrangères, sous peine de confiscation et d'amende, régime de protection rigoureux. I n logement assuré, exemption de toute taxe ou impôt pour eux el leurs ouvriers, voilà qui devait tenter des artistes que le travail étranger ne parvenait plus à soutenir, lue clause bien adroitement faite pour séduire des flamands les autorisai! à ouvrir îles déhils de bière en France, partout où bon leur semblerait. Ils s'engageaient à entretenir
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80 métiers en activité cà Paris. 2o à Amiens, el à ne pas vendre leur production a un prix supérieur à celui des tapisseries importées des Flandres. Cel atelier flamand en plein Paris conservait son absolue indépendance, demandait ses cartons aux ai-listes qui lui plaisaient, el recevait les commandes des particuliers. Le roi se réservait bien d'utiliser leurs talents pour son propre compte, mais en payanl ses acquisitions, tout comme le premier clienl venu. En somme c'étail l'arrangement idéal, laissant place a I initiative féconde, nécessitant une activité et une bonne administration, que I l'.ial ne su! pas toujours obtenir de sa propre manufacture.