IX TENTTRE 1) ESTHER ET DE TROY
Couronnement d'Esther, le Triomphe de Mardochée, Aman arrêté par ordre d'Assuérus. La clarté merveilleuse du coloris, la modernité des types, une charmante fantaisie dans la composition tirent apprécier au
|dus haut point à la société contemporaine ces tapisseries exquises. Exécutées par Audran et aussi par Cozette et Monmerqué, elles obtinrent un succès si vif que la manufacture dut en faire 13 répétitions. L'exemplaire sans doute le plus parlait de cette suite à^Esther se trouve à Rome,
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dans les Salons de l'Académie de France, un autre est au musée des Offices, et un autre au Garde-meuble, la supériorité étanl aux tentures sorties de l'atelier d'Audran.
A ce même Salon de 1738, Ch. Coypel exposait la composition de Renaud et Armide appartenant à la suite des Opéras.
Devant le succès considérable obtenu par la suite à'Esther, Orry demanda à de Troy une autre tenture, et l'artiste, doué d'une vive imagination et travaillant très facilement, exécuta en sept pièces la suite de Jason el de Médée. Expédiées de Rome, les toiles arrivèrent en retard, et le Salon fut prolongé de quelques jours, pour donner au public le temps de venir les admirer.
Cette tenture obtint un succès presque égala celui qui avait accueilli la suite à'Esther, et elle lut reproduite plusieurs fois aux Gobelins. Le mobilier national en possède 8 suites de G à 7 pièces, et une suite complète esl au château de Windsor, une autre au Palais Royal de Stockholm.
L'administration d'Orry, aidé par de Cotte lils, aux Gobelins, prit fin en 17i.">, époque où il fut frappé de disgrâce'. Au point de vue de l'art, il faut reconnaître que la manufacture eut en lui un de ses meilleurs administrateurs, 'foules les productions qui en sortirent durant sa direction reflètent le goût le plus délicat, et la plus remarquable entente de la décoration.
Après le départ d'Orry, la manufacture royale des meubles de la Couronne tomba sous l'influence de .M"" de Pompadour . par l'arrivée de M. Lenormant de Tournehem, son oncle, et de M. de Vandières, marquis de Marigny, frère de la favorite, D'excellents directeurs d'ateliers les secondaient heureusement. De Cotte lils ne survécut que peu de temps à la retraite d'Orry : mais il fut remplacé par Garnier de l'Isle et par Soufflot. Et trois chefs d'ateliers et entrepreneurs maintinrent si bien les traditions de la maison, qu'on peut se demander si elle en eut jamais de meilleurs.
Les grands artistes collaborateurs v furent Audran père, dès 1733 et jusqu'en 1771, auquel succéda plus tard sou lils; P. F. Cozette et l'écossais Jacques Neilson qui rendit à la manufacture de si grands services. Cozette, entrepreneur de basse lisse depuis 173(i, reprit en 17t'.tla direction de 1 atelier de haule lisse, dans lequel il avait eu pour prédécesseurs Lelebvre lils el Monmerqué. Cozette resta à son poste pendant trente-neuf ans el lui remplacé par son lils, qui était encore à la manufacture au débul du six' siècle, Neilson, pendant ce temps, réunissait dans sa main