LES GOBELINS SOUS LOUIS XVI
alors la mode des portraits en tapisserie et Cozette exécuta quatre petites tapisseries de Louis XV et Marie Leczinska, de Louis XVI et de Marie- Antoinette, que la Chambre de commerce de Bordeaux a héritées du linancier Beaujon.
La tenture à cadres ovales, sur alentours damassés de Jacques pour les ornements, el de Teissier pour les Heurs, reste une des plus belles œuvres îles Gobelins : on en peut juger par les quatre pièces du musée du Louvre, avec leurs sujets en quatre médaillons sur fond cramoisi, enrichis de guirlandes cl de bouquets de fleurs. Le Garde-meuble en possède deux suites, l'une de quatre pièces sur fonds roses au Louvre, l'autre en trois pièces sur fonds jaunes à la Présidence de la Chambre, une grande suite à doubles médaillons se trouve au Ministère de la Marine. Enfin en 1773 Amédée van Loo y faisait figurer la première pièce de la suite célèbre de la Sultane, à laquelle venaienl s'ajouter en 1775 les quatre autres compositions.
Mais en dehors de ces travaux, la manufacture des Gobelins exécutait un nombre considérable de petites suites d'après Boucher : Amynthe et Syluie, d'un charme si exquis, le But, les Pastorales. Une Histoire de Dapknis et Chloé, de Jeaurat, Les amours des Dieux, de Pierre et de Vien.
La manu facture des Gol/elins sous Louis XVI. — Nous arrivons ainsi au règne de Louis XVI. Les livrets des Salons ne signalent plus, comme auparavant, les toiles destinées à servir de modèles aux tapissiers. Ils se contentent de mentionner les tableaux commandés pour le Uoi.
D'ailleurs toutes les qualités si charmantes de la peinture décorative du xvnie siècle, tendent, au déclin du siècle, à disparaître devant l'école classique de Vien el de David. Les dieux de l'Olympe, les Déesses aux carnations nacrées, les nymphes rougissantes étaient proscrites: le beau temps de Boucher, de Coypel et de de Trov était bien passé. Les sujets historiques, les épisodes héroïques de l'histoire ancienne, désormais obtiendront seuls l'approbation des connaisseurs et les faveurs de la Cour. Et la tapisserie allait plus que jamais se poser en rivale de la peinture. On fabriqua alors deux suites de l'Histoire de France, l'une d'après Vincent . sur Henri IV, l'autre d'après divers artistes, sur des épisodes variés.
La Révolution respecta l'établissement qui, depuis deux siècles, faisait l'admiration de l'Europe. El cela malgré Maral qui, en 17(.H). reprochait