‹ Les arts du tissuChapitre 260 sur 280 · I. INFLUENCE DE liÉH.UN ET UE LE BIILN · texte numérisé non relu

I. INFLUENCE DE liÉH.UN ET UE LE BIILN

avec un certain abandon. En France l'ornementation est pins pondérée, plus précise, plus arrêtée, [misant dans nue architecture idéale une

l'oint de France à l'aiguille. Époque Louis XIV IMusée des Arts Décoratifs),

(,0.»ii de M°" L. Noruianl )

logique et un équilibre inconnus à l'Italie. Les compositions, pleines il clarté et de mesure, présentent drs éléments symétriques que rompent cl

LES DENTELLES SOl'S LOUIS Xl\

gracieux motifs pittoresques. Mais le procédé de fabrication est toujours bien vénitien, en ce sens que les détails floraux s'y brodent reliés par des brides plus ou moins picotées. La tendance d'Alençon sera peu à peu de remplacer ces brilles, qui chevauchent avec une irrégularité capricieuse, en les maintenant par un réseau à grandes mailles hexagonales régulières ornées de picots.

Jamais peut-être les dentelles n'eurent en France une plus grande vogue que sous Louis XIV. On les portail non seulement dans les costumes de ville el de fêtes, mais même aux années : et ne savons-nous pas que dans une bataille, il y eut une trêve entre les ennemis, pour remettre les dentelles en ordre? On les portait au col, tuyautées ou jdates. el à la tin du règne de Louis XIV, en cravates largement nouées. Outre les cols et les manchettes pour les deux sexes, les femmes avaient des tabliers luxueux, même en cérémonie, comme on le voit encore eu Hongrie. On portait aussi la dentelle dans les coiffures, qui ainsi vous grandissait, comme M'"° de Fontange la mit à la mode. A l'église on en faisait des aubes et des voiles de calices.

Sous la Régence et avec le style rococo, la dentelle a toujours une grande importance. Les canons que portaient les hommes à la cour de Louis XIV ont disparu. Restent les jabots el cravates, et les manchettes. La femme porte plus de dentelles qu'elle n'en portait sous le règne de Louis XIV, tours de cou. tours de gorge, manchettes longues. L'époque du rococo fut le meilleur moment de la dentelle en France. Elle est encore très fine sous Louis XVI, très mince, avec des brandies délicates, et des motifs distribués avec goût.

En résumé, sous Louis XIV, le dessin, d'abord imité de Venise, évolue vers les compositions de Bérain. Au commencement du xvin" siècle, les motifs plus près de la nature, les Heurs et les branchages très fournis, sans solution de continuité, sont très caractéristiques, avec les guirlandes et les festons encadrés d'un tin réseau, et rebaussés d'à-jours variés. Sous Louis XVI, se généralisent l'ordonnance à semis avec de petits motifs, les fleurettes, les accessoires Lyriques et champêtres, les bouquets, avec une bordure découpée. Sous le Directoire, la mode corrigea un peu ces dispositions à semis. D'une façon générale, les détails principaux sont toujours cernés de ces festonnages sur crin qui précisent si nettement les contours.

Alençon, parmi les ateliers français, tint toujours la première place, suivi de près par Argentan et Sedan. Argentan exécutait des travaux

Page 1