ORGANISATION I > I-: S ATELIERS DE DESTELLE PAR COLBERT
soin, pour établir ses manufactures, fui de choisir les villes où l'on fabriquait déjà des dentelles, soit à l'aiguille, suit aux fuseaux. Les premiers centres furenl donc : Aurillac, Sedan, Reims, Le Quesnoy, Alençon, Arias. Loudun, el tous 1rs produits durent porter le uom de « Point de France ». <*n ne s'était d'ailleurs pas contenté de faire appel aux ouvrières de Venise: pour pratiquer à peu près tons les points connus, on lit venir des ouvrières d'un peu partout. Voltaire dit quelque part, qu'il en vint 30 de Venise, et 200 de la Flandre.
.Nulle pari la tentative ne donna de plus brillants résultats qu'à Alençon, où les mains étaient déjà tirs expérimentées. Aussi Colberl résolutil d'y installer une manufacture spéciale, dont la direction fut conliée à J. Provost et à sa femme, en 1665.
Il est certain qu'entouré d'artistes qui fournissaient des dessins pour tout ce qu'on entreprenait à la cour, Louis XIV ne dut pas s'attarder à faire copier servilement les premiers modèles apportés par les ouvrières de Venise. L'atelier des Gobelins, où travaillai! une pléiade de dessinateurs pour tapisseries, costumes el décorations de fêles, dut certainement fournir des dessins pour les manufactures de dentelles. Il est même probable que, par un naturel choc en retour, les transformations que l'on peut constater dans les dessins de dentelles de Venise de cette époque lurent provoquées par les travaux que Ton faisait alors en France. car il est assez curieux qu'on ne pourrait les constater dans aucun des livres vénitiens de patrons. <|iu ont été conservés de celte époque.
A la noblesse du style vénitien, M""' de la Perrière, à Alençon, avait su allier le bon goût français, en allégeant les tonnes un peu lourdes de L'Italie par une grande variété de détails délicats pratiqués avec ingéniosité. ( >n prend à Alençon l'habitude de préciser la forme des contours en les festonnant sur un crin, voire même sur un cheveu, pour les pièces les plus précieuses. C'est ce qui leur donna une netteté supérieure à loute autre.
De plus, de grands artistes, connue Iiérain et Le Brun, donnaient à la nouvelle fabrication une allure bien française. Il est aisé de constater ce qu étaient ces premiers points de France sur les portraits peints postérieurs à 1668. Les motifs sont d'inspiration absolument française, et bien souvent les attributs du Roi-Soleil y interviennent.
Il s'esl donc fabriqué à la fin du wii' siècle le même genre de dentelles it Venise et en France. Les différences s'y marquent seulement par les caractères du dessin Ils restent bien italiens à Venise, avec des rinceaux gracieux el a Heurs épanouies, traités un peu à l'orientale.