INFLUENCES SASSANIDES
Tissasà influences sassanides et byzantines. — D'autres tissus portenl des caractères sassanides el byzantins nettement marqués, cl je les nuis cependant bien arabes, parce que l'artiste semble s'y être dégagé de la
'l'issu de soie arabe (Musée lorrain Je Nancy).
raideur archaïque de ces deux arts. Nous y retrouvons la tyrannie du compartimenl qui enclol le décor, le force à la symétrie; mais je ne sais quelle libelle, quel instinct pittoresque s'y fontdéjàjour. Ailleurs, le compartiment a disparu, et le décor s'épanouit, semble s'étirer d'un long rêve,
4i INFLUENCES BYZANTINES
quand bien même il demeurerait soumis à la loi éternelle de la symétrie, et répéterait dus formes décoratives qui nous sont connues.
Étonnanl comme témoignage d'influences sassanides subies, est un tissu du Kunstgewerbe Muséum de Berlin. 84.274, à grandes roues, où des paons et des oiseaux se trouvent affrontés dans les bordures, et au centre deux grillons ailés, assis de chaque côté du boni, — ou un autre splendide tissu du musée de la Chambre de Commerce de Lyon, qui montre deux paons ne formant qu'un seul corps avec deux tètes et deux
Tis^ de soie ù inscription couflque, art arabe (Église Saint-Etienne, il Chinon).
pattes, les;ailes éployées, posé sur deux tigres qui dévorent des biches (une bande coupant les ailes porte des caractères coufiques).
Bien curieuse aussi est la belle étoffe, transformée en pluvial, de l'église de l'ebrac 'Haute-Loire , Ayinard, Annales de la Société cla l'ai/. I. XXI), décorée d'un étrange et harmonieux méandre, un entrelacement de liges, de rinceaux d' enroulements d'une surprenante fantaisie, où l'interprétation d'un motif floral est aussi lointaine que possible. Au milieu de ces rinceaux en deux lignes parallèles, nous voyous représentés des groupes affrontés de fauves terrassant des onagres, ou de grands oiseaux, dont les pattes à cuisses apparentes et les plumes ébourillécs rappellent assez les autruches becquetant le sol. Entre chaque groupe, montent des liges verticales portant des ornements difficiles à déterminer, où l'on a voulu voir l'autel du feu ou Pyrée des Perses.
La grande étoffe de soie de l'église Saint-Etienne de Chinon, dite Chape de Saint-Mesme, offre sur un fond bleu foncé, des superpositions de gué-