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LES TISSUS DES SOUVERAINS SELDJOUKS

partis enchaînés, séparés par une grande plante, le hoin, surmonté d'un objet pyramidal. Ici encore l'aspect sassanide est évident, et l'étoffe pourrait être considérée comme telle (c'était l'avis de Lenormant) si elle ne portait une inscription, qu'il n'avait pas vue, de souhaits au possesseur [Cahier, t. III).

Tissus d'origine supposée seldjoucide. — Un tissu capital en soie et or, qui a passé de la collection Compagnon de Clermont au musée île la Chambre de Commerce Je Lyon, nous a heureusement apporté une certitude par son inscription. Dans des roues disposées symétriquement quatre par quatre, deux lions léopardés sont adossés, privés de queues, et soudés par l'arrière-train. Leurs têtes s'affrontent, et de leurs gueules partent des rinceaux; ils portent des cœurs en écusson à l'épaule. Au bas, une inscription en neskhi dit: « Ou-ed-din Aboul Fath Kei Cobad, Gis de de Kei Khosrau, lils... ». C'est assez pour nous faire reconnaître un des deux sultans seldjoucides d'Asie-Mineure qui régnèrent l'un dans la première moitié et l'autre dans les dernières années du xiiê siècle, tous deux lils d'un Kei Khosrau. L'étoffe aurail été ainsi fabriquée, soilà Konieh, soit à Siwas, villes principales de l'empire seldjoucide fondées au xi" siècle par les bandes venues du Turkestan, qui chassèrent les Byzantins des plateaux d'Anatolie. Linas (Revue de far/ chrétien, 1859] s'est donné un mal infini pour serrer de plus près la question, el trouver le point exact d'origine. Comme il n'a pu aboutir qu'à uni' hypothèse, contentons-nous de notre attribution à une région déterminée par l'inscription. Il v a quelque raison de croire que ce tissu provenait d'un atelier roval, d'un tiraz établi dans le palais même du Souverain.

Avec le point d'appui d'un monu ni à origine certaine, comme

celui-ci, on peut, sans grande témérité, en rapprocher quelques autres. comme un extraordinaire tissu du château d'Ofen (Hongrie), à roues tangentes, renfermant les corps de quatre tigres divergents, autour d'une seule tête •formant noyau central, ou bien ce magnifique tissu du Musée épiscopal de Vich (Catalogne) catalogue n° 557) où, sur un fond de soie cerise, des espèces de grandes poules de Numidie noires et blanches s'affrontent de chaque côté d'une sorte de lance à branches symétriques; el audessus, sous une double arcade, deux corps d'oiseaux à pattes griffues s'affronteraient encore, si leurs deux têtes ne venaient se souder en une seule et énorme tête de lion, aux veux dardanl >\c> flammes

Mais bien plus impressionnant encore est dans ce même riche musée

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