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LES METIERS DE LA SOIR A VENISE

premiers métiers de soieries à Venise, et que duranl les troubles que les factions suscitèrent à Lucques, vers 1309, trente-sept autres familles les y suivirent. Ils ne firent cependant qu'y perfectionner des procédés qui y étaient pratiqués antérieurement, car un texte publié parZanetti (Delorigine di alcune arti appressoi Veniziani, 1758 nous apprend que plus de soixante ans auparavant, au milieu du xme siècle, on fabriquait déjà à Venise îles draps d'or et des étoffes de soie. Un inventaire du Saint Siège, de 1295, en

Tissu do Luoiues, xv° siècle [Musée des Arts Décoratifs)

mentionne déjà, portant des décors très inspirés de l'Orient, Venise ayant des rapports très directs avec Gonstantinople. Les Vénitiens, de bonne heure, s'avisèrent qu'il serait plus avantageux de fabriquer ce qu'autrefois ils se bornaient à vendre au reste de l'Europe.

.Mais la grande production de Venise au xi\" siècle devait être le velours coupé, dont l'idée première, comme pour la décoration des soies, lui était venue de l'Orient, le ciseau intervenant pour raser la sine au Sommet de la boucle Ce Relire de fabrication, lié sans doute en l'erse, exerça sur les ouvriers vénitiens une très grande influence. Ils en fabri quèrenl à Venise de semblables avec une si singulière adresse, qu il est bien difficile de distinguer les uns des autres : de même que la déco-

LES Tissrs I>E GENES

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ration s'y retrouve aussi presque identique, avec les mêmes motifs de palmettes, de grands rinceaux de fleurs, tulipes, œillets, églantines ou jacinthes. L'aspect en est peut-être un peu moins chatoyant, et moins libre d'exécution. Les ateliers de Gènes interprétèrent d'ailleurs des motifs orientaux tout à fait identiques.

Ils firent aussi un type de velours très particulier, le décor en velours coupé s' enlevant en léger relief sur un fond également en velours coupé.

Au xive siècle, et pendant tout le xve, apparaîtront le décor enfermé dans les meneaux et le décor à ferronneries gothiques, dans lequel le dessin en satin s'enlève sur un fond de velours coupé.

Gênes, déjà productrice de tissus de soie au xin" siècle, comme l'indique un inventaire de Saint- Paul de Londres, en 1295, a eu la spécialité des velours ciselés, où se rencontrent les deux procédés du velours frisé et du velours coupé. Ce terme, aujourd'hui généralisé, s'appliquait bien, aux \i\' cl xve siècles, exclusivement aux productions de Gènes. Le dessin est alors assez petit, s'enlève en foncé sur le fond de salin Le décor rappelle toujours l'Orient, un arbre élancé, avec oiseaux perclus, des quadrupèdes rampant ou passant au pied du

Velours génois ou vénitien, xv° si (Musée des Arts Décoratifs).

LES ATFJ.1F.ltS DE FLORENCE

motif (lions, guépards ou chiens).

La symétrie de la composition a disparu. Le tissu est tout soie, sans métal ; souvent la partie Irisée du velours étant d'un autre ton que la partie coupée.

Florence, également, eut ses ateliers de soierie, dont les progrès ei le développement furent considérables

Nous avons dit un mot eu passant de l'influence que l'architecture avait exercée sur la décoration du (issu au W siècle. Il nous faut y revenir. ( In sait que dans les cathédrales gothiques, les fenêtres avaienl été construitesd'après les principes qui régissaient les voûtes. Au xvc siècle, elles s'agrandissent démesurément et fournissent aux peintres verriers d'immenses surfaces vides à remplir. L'architecte dul diviser ces larges ouvertures en multiples combinaisons de lignes de pierre, qu'on a nommées meneaux. Les décorateurs de (issus s'en emparèrent et firent de ce motif architectural un élément de décoration du tissu. Les Orientaux, spécialement les Palermitains, les axaient bien précédés dans cette voie; ils connaissaient l'arc en ogive et l'avaient fait entrer dans la décoration du tissu, niais ses éléments se combinaient avec les autres détails, sans faire cadre, sans liaison archi tectonique

Velours gcuois ou vénitien, svi° sièclt; (Musée dos Arts Décoratifs).

68 LE DECOR A M EXEAUX

Les Italiens du xv" siècle assureront la durée de cette nouvelle composition, dont une partie (architecturale), divisant le champ en compartiments, sera Le meneau, et dont l'autre, décorant le vide, sera le fleuron1. Sur ces deux thèmes les variations seront nombreuses : le meneau sera l'ail d'un ruban plus ou moins décoré de cordelières, de tiges folia-

Tissu de soie, atelier italien, xv siècle [Musée des Arts Décoratifs).

cées, d'éléments réticulés. Le fleuron, de son côté, empruntera ses élé-

nls ii la flore, le plus souvent à la grenade et au chardon. En tous cas,

jusqu'au x\i" siècle, les deux parties restent distinctes, et parfois même le meneau apparaît seul,

La Kenaissance, au \\r siècle, tendra à relier le meneau el le fleuron, et plus nous avancerons dans le siècle, plus ils se combineront, jusqu'à se confondre en un motif unique. Et, à l'opposé de ce que nous axons dit plus haut, il arrivera que le fleuron constituera seul toute la composition.

Ces éléments onl été étudiés avec précision par 11. Cox.

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