‹ Les arts du tissuChapitre 50 sur 280 · LES TISSUS DE PEROUSE · texte numérisé non relu

LES TISSUS DE PEROUSE

constaté. Le fleuron pourra aussi se relier à la ferronnerie et s'enrichir de parties brochées d'or el d'argent.

Avec la Renaissance reparaissent aussi les animaux, les personnages, les monstres, el l'ornement conventionnel, la volute ou le rinceau, toutes formes décoratives qui, au \\" siècle, s'étaient effacées devant la tlore interprétée. Ainsi le meneau conservant dans sa partie supérieure la forme de l'arc lancéolé, se compliquera à la hase d'une volute ou d'un rinceau.

Le principe de la composition en meneaux el chevrons ira aussi en se simplifiant el même en se supprimant, pour faire place parfois à des dispositions chevronnées, et aussi à des ordonnances de semis.

Une autre forme décorative, 1res usitée, surtout à Venise, est celle des larges bandes verticales sinueuses, sur lesquelles viennent se greffer de riches ornements foliacés en velours, bouclés d'or el d'argent. Mais la sagesse, la pondéral ion. le goût ne sont plus les lois d'un art qui va se compliquant de plus en plus, se surchargeant de détails superflus, ou bien les lignes n'ont plus celle souplesse de l'époque antérieure et se brisent.

En arrivant à ces époques, el plus encore aux époques postérieures, les étoffes qui sont aujourdhui conservées dans les Eglises ou dans les inusées d'Art décoratif, son! tellement nombreuses, qu'il devienl tout à fait inutile d'en citer les spécimens.

Tissus de Pérouse. — Auprès des somptueux damas orientaux, une série plus humble, niais qui commence à attirer l'attention des historiens de l'art, est celle de ces tissus rustiques à décor bleu sur fond blanc, qui furent, pendant deux siècles au moins, une industrie florissante de Pérouse. Le peintre Mariano Rocchi, de Rome, qui possède la collection la plus nombreuse et la plus variée de ces tissus, en attribue la production à la Confraternité délia Afercanzia de Pérouse (1380-1552), et ces tissus sont assez conformes à ceux qui sont décrits dans un inventaire de 1458 conservé à SanDomenico de Pérouse (Giornale de erudizione artistica, 1872); mais les origines doivent en être cherchées plus loin. M""3 Errera, dans un article de VEmporium (avril 1906 . a cité les peintures où ces broderies semblent reproduites pour la première fois: ce sont les fresques de la vie de saint Martin, exécutées dans la basilique d'Assise par Simone .Martini, peu après 1320; celles de Pietro Lorenzetti, à peu pris de la même date, également à Assise; celles de Giovanni da Milano, de 1305, à Santa Croce de Florence. Plus tard Ghirlandajo, dans sa Cène, a utilisé aussi un de ces tissus brodés. Ils imitent, avec un travail plus rude, mais avec

Tissu de Pérouse, xv siècle (Musée des Arts Décoratifs).

Page 1