LES TISSUS DE PEROUSE
une parfaite entente du style, les tissus allemands [opus teutonicum), et ces étoffes de Venise el de Sicile, qui imitaient elles-mêmes les compositions de l'Orient : animaux et oiseaux affrontés, arbres de vie et fontaines jaillissantes y sont interprétés avec une fantaisie gothique merveilleusement féconde; des cavaliers en armure, des scènes de chasse ou de danse y apparaissent, el le griffon héraldique, fréquemment répété, y met la marque de Pérouse, tandis que des légendes tantôt pieuses et tantôt galantes en précisent la destination.
(les tissus servaient beaucoup de serviettes ou d'essuie-mains et étaient désignés dans les textes sous les termes de « manutergia, mantilia, tobaleœ ». Le Trésor de Goire en possède deux. dont, en les publiant, E. Molinier n'a su préciser l'origine. I ne précieuse collection s'en trouve à Pérouse chez le professeur Mariano Rocchi, au musée de l'Université de Pérouse, au musée industriel de Home, et à Versailles dans la collection de M. André Pératé, auquel je suis redevable de certaines de ces indications si précieuses '.
' Cf. IlclliiccL Un' antica industrie tessile perugina. L'Arte> 1905. — A. Mêlant. Biancheria d'arte nclla vita perugina [Natura ed arte, 1906). — J Ritseoni. Antichi tessuti pcrugini iVita femm'mile italiana, 1907), — /'. Perali. Tavoglie e mantili di Perugia (Augusta Perusia, 1907). — Errent. Annales do la Société d'archéologie de Bruxelles, t. XX, 1906.
Soie. A;l iljl
(Musée des Arts Décoratifs).